L’essentiel en bref
- Depuis le 01.01.2022, l’assurance de base ne paie la podologie qu’en cas de diabète avec certains facteurs de risque au pied.
- Il faut une prescription médicale, et la podologue doit être admise selon l’art. 50d OAMal.
- Par année civile, 4 séances sont couvertes (polyneuropathie sans trouble de la circulation) ou 6 séances (avec trouble de la circulation, après un ulcère ou une amputation).
- Pour chaque nouvelle année civile, il faut une nouvelle prescription médicale.
- La franchise et la quote-part s’appliquent aussi à la podologie.
Qu’est-ce que la podologie ?
La podologie, ce sont les soins et le traitement médicaux des pieds. Les podologues enlèvent les callosités et les cors, soignent et traitent les ongles, contrôlent la peau et les ongles à la recherche de blessures et conseillent sur les chaussures et les moyens auxiliaires orthopédiques. Contrairement à la pédicure esthétique, la podologie s’adresse aux personnes chez qui une petite blessure au pied peut avoir des conséquences graves.
Le groupe le plus important est celui des personnes atteintes de diabète. Chez elles, des lésions nerveuses (polyneuropathie) peuvent réduire la sensibilité à la douleur au pied, et des troubles de la circulation ralentissent la guérison. Un point de pression passé inaperçu peut ainsi devenir une plaie ouverte, ce qu’on appelle un ulcère diabétique. Des contrôles podologiques réguliers doivent l’empêcher.
Dans l’assurance-maladie, la podologie est donc strictement réglée. Depuis le 01.01.2022, l’assurance de base paie la podologie pour les personnes atteintes de diabète qui présentent un facteur de risque déterminé de syndrome du pied diabétique. Pour toutes les autres personnes, la podologie n’est pas une prestation de l’assurance de base. Certaines assurances complémentaires des soins ambulatoires versent des contributions ; cela figure dans les conditions du contrat concerné.
Comment ça fonctionne
Pour que l’assurance de base paie, quatre conditions doivent être remplies :
- Diabète avec facteur de risque. Tu as un diabète sucré et au moins l’un de ces facteurs de risque : une polyneuropathie (avec ou sans artériopathie oblitérante périphérique, AOP), un ulcère diabétique antérieur ou une amputation due au diabète.
- Prescription médicale. Ta médecin prescrit la podologie.
- Podologue admise. Le traitement est effectué par une podologue admise selon l’OAMal ou par une organisation de podologie admise.
- Prestations couvertes. Sont payés le contrôle du pied, de la peau et des ongles, l’enlèvement ménageant des callosités et les soins ménageant des ongles, l’instruction et les conseils sur les soins des pieds, des ongles et de la peau, sur le choix des chaussures et sur les moyens auxiliaires orthopédiques, ainsi que la vérification que les chaussures conviennent.
Le nombre de séances par année civile est limité :
| Situation | Séances par an |
|---|---|
| Diabète avec polyneuropathie, sans AOP | 4 |
| Diabète avec polyneuropathie et AOP | 6 |
| Diabète après un ulcère diabétique ou après une amputation due au diabète | 6 |
Si le traitement doit se poursuivre l’année suivante, il faut une nouvelle prescription médicale. Les coûts sont décomptés comme les autres prestations de l’assurance de base : d’abord sur la franchise, puis avec 10 % de quote-part.
Base légale
L’art. 25, al. 2, let. a, ch. 3, LAMal permet à l’assurance de base de prendre en charge les prestations de personnes qui exercent sur prescription médicale. Les détails relatifs à la podologie figurent à l’art. 11c de l’ordonnance sur les prestations de l’assurance des soins (OPAS), en vigueur depuis le 01.01.2022 :
- L’art. 11c, al. 1, OPAS cite les conditions (diabète sucré avec polyneuropathie, ulcère antérieur ou amputation) et les prestations couvertes.
- L’art. 11c, al. 2, OPAS limite les séances à 4 ou 6 par année civile.
- L’art. 11c, al. 3, OPAS exige une nouvelle prescription médicale pour la poursuite au cours de la nouvelle année.
L’art. 50d OAMal règle qui peut facturer en tant que podologue à la charge de l’assurance de base : il faut une autorisation cantonale d’exercer la profession, un diplôme d’une école supérieure en podologie ou une formation équivalente, 2 ans d’activité pratique après le diplôme, une activité indépendante et à son propre compte ainsi que la preuve du respect des exigences de qualité. L’art. 52f OAMal règle l’admission des organisations de podologie. Tu trouves la liste de toutes les prestations de l’assurance de base dans l’OPAS.
Exemple : podologie en cas de diabète sur une année
Ursula, 69 ans, remplit les conditions de l’art. 11c OPAS pour 4 séances par an. Sa médecin de famille prescrit la podologie en janvier 2026. Ursula se rend 6 fois chez la podologue cette année-là. Elle a déjà épuisé sa franchise de CHF 300 en février en raison d’autres traitements. Le prix par séance est une hypothèse ; le nombre de séances et la quote-part découlent de l’OPAS et de la LAMal.
| Poste | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Séances couvertes selon l’art. 11c, al. 2, OPAS | 4 × CHF 90 | CHF 360 |
| Dont quote-part de 10 % | CHF 36 | |
| Séances 5 et 6 non couvertes | 2 × CHF 90 | CHF 180 |
| Part d’Ursula | CHF 216 |
Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?
- En parler avec ta médecin. Si tu as un diabète, fais contrôler régulièrement tes pieds et demande si un facteur de risque est présent. Ce n’est qu’à cette condition qu’une prescription à la charge de l’assurance de base est possible.
- Vérifier l’admission. Demande à la podologue si elle peut facturer à la charge de l’assurance de base. Sans admission selon l’art. 50d OAMal, la caisse ne paie pas.
- Planifier les séances. Répartis les séances couvertes sur l’année. Les séances supplémentaires sont à ta charge.
- Faire renouveler la prescription chaque année. Pense en janvier à la nouvelle prescription.
- Vérifier l’assurance complémentaire. Si tu as besoin de podologie sans diabète ou de plus de séances, vérifie les conditions de ton assurance complémentaire.
Tu trouves quelles caisses proposent quelles prestations complémentaires dans l’aperçu des caisses-maladie. Avec le calculateur de primes, tu compares l’assurance de base, qui couvre la podologie en cas de diabète de la même manière auprès de toutes les caisses. Si tu reçois des soins à domicile, tu peux aussi convenir de la surveillance des pieds avec le Spitex.
Erreurs fréquentes
- Confondre pédicure et podologie. Les soins esthétiques des pieds ne sont jamais une prestation de l’assurance de base.
- Aller chez la podologue sans prescription. Sans prescription médicale, l’assurance de base ne paie rien, même en cas de diabète.
- Ne pas tenir compte du nombre de séances. Au-delà de 4 ou 6 séances par an, tu paies toi-même.
- Oublier la nouvelle prescription. La prescription ne vaut pas au-delà de l’année civile.
Nous expliquons comment nous travaillons avec les chiffres et les sources sous Notre méthode de calcul.
Questions fréquentes
La caisse-maladie paie-t-elle les soins des pieds ?
L’assurance de base ne paie que les soins médicaux des pieds prodigués par des podologues admis aux personnes atteintes de diabète présentant un facteur de risque de syndrome du pied diabétique, sur prescription médicale. Les soins esthétiques des pieds ou la podologie pour d’autres raisons sont à ta charge, sauf si ton assurance complémentaire prévoit des contributions.
Combien de séances de podologie l’assurance de base paie-t-elle ?
En cas de diabète avec polyneuropathie sans artériopathie oblitérante périphérique, 4 séances par année civile ; avec ce trouble de la circulation, 6. Après un ulcère du pied diabétique ou une amputation due au diabète, ce sont également 6 séances.
Ai-je besoin d’une ordonnance pour la podologie ?
Oui. L’assurance de base ne paie que sur prescription médicale. Pour la poursuite au cours de la nouvelle année civile, il faut une nouvelle prescription.
Quelle est la différence entre podologie et pédicure ?
Les podologues ont une formation médicale d’une école supérieure et traitent des patients à risque. Une pédicure relève des soins corporels. Seule la podologie peut passer par l’assurance de base, aux conditions de l’OPAS.
Termes associés
- Moyens et appareilsLes moyens et appareils sont des produits médicaux comme des béquilles, du matériel pour l’incontinence ou des inhalateurs, que tu utilises toi-même à la maison. L’assurance de base les rembourse s’ils sont prescrits par un médecin et figurent sur la liste des moyens et appareils (LiMA), au plus jusqu’au montant maximal qui y est fixé. Pour des lunettes d’enfant, c’est au plus CHF 180.67 par an.
- Soins à domicile (Spitex)Spitex désigne l’aide et les soins à domicile, en dehors de l’hôpital. L’assurance de base paie des contributions fixes aux soins prescrits par un médecin ou évalués par du personnel infirmier, en 2026 par exemple CHF 52.60 par heure de soins de base. Tu participes au plus à raison de CHF 15.35 par jour, le reste étant financé par le canton ou la commune. L’assurance de base ne paie pas l’aide au ménage.
- Assurance complémentaire des soins ambulatoiresL’assurance complémentaire des soins ambulatoires est un contrat facultatif selon la LCA qui cofinance des prestations ambulatoires hors de l’assurance de base, par exemple les lunettes, les médecines complémentaires, les médicaments non remboursés par l’assurance de base ou le fitness. La caisse peut poser des questions de santé et te refuser. Elle ne peut pas prendre en charge la franchise et la quote-part de l’assurance de base (art. 64, al. 8, LAMal).
- OPASL’OPAS, l’ordonnance sur les prestations de l’assurance des soins, fixe les prestations que l’assurance de base prend en charge, à quelles conditions et jusqu’à quel montant. Elle est édictée par le Département fédéral de l’intérieur. Elle prévoit par exemple que la caisse paie 50 % des frais de sauvetage en Suisse, au plus CHF 5 000 par an.
Sources
- Ordonnance sur les prestations de l’assurance des soins (OPAS), art. 11cArt. 11c OPASfedlex.admin.ch
- Ordonnance sur l’assurance-maladie (OAMal), art. 50dArt. 50d OAMalfedlex.admin.ch
- Ordonnance sur l’assurance-maladie (OAMal), art. 52fArt. 52f OAMalfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 25Art. 25, al. 2, let. a, LAMalfedlex.admin.ch
