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Accord sur la libre circulation des personnes

Aussi : ALCP, libre circulation des personnes, accord sur la libre circulation

En bref

L’accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) entre la Suisse et l’UE s’applique depuis le 1er juin 2002. Pour l’assurance-maladie, il détermine quel État est compétent : en règle générale le pays où tu travailles, pour les rentiers le pays qui verse la rente. Ainsi, tu n’es jamais assuré deux fois ni pas du tout.

Mis à jour le

Cette page est une traduction ; la version allemande fait foi. Version originale : Deutsch

Illustration : un pont enjambe une rivière calme entre deux paysages

L’essentiel en bref

  1. L’ALCP a été signé le 21 juin 1999 et est en vigueur depuis le 1er juin 2002.
  2. L’annexe II coordonne les assurances sociales : c’est toujours le droit d’un seul État qui s’applique.
  3. La règle de base est le principe du lieu de travail : qui travaille en Suisse est assuré contre la maladie en Suisse, même avec un domicile dans l’UE.
  4. Les rentiers qui ne touchent qu’une rente suisse et sont domiciliés dans l’UE restent dans l’assurance de base suisse.
  5. La carte européenne d’assurance maladie permet des traitements lors d’un séjour temporaire dans un autre État contractant.

Qu’est-ce que l’accord sur la libre circulation des personnes ?

L’accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) est un traité entre la Suisse d’une part et la Communauté européenne et ses États membres d’autre part. Il a été signé le 21 juin 1999 dans le cadre des Bilatérales I et est en vigueur depuis le 1er juin 2002. Son objectif principal est de permettre aux ressortissants de la Suisse et de l’UE d’habiter et de travailler sur le territoire de l’autre partie.

Pour que cela fonctionne, les assurances sociales doivent elles aussi s’accorder. Sinon, une personne qui travaille à Bâle et habite à Lörrach pourrait être tenue de cotiser dans les deux États ou dans aucun. L’art. 8 ALCP exige donc une coordination des systèmes d’assurances sociales, réglée à l’annexe II. L’annexe II renvoie aux règlements de l’UE, aujourd’hui surtout le règlement (CE) no 883/2004 et son règlement d’application (CE) no 987/2009. La Suisse les applique aussi à l’assurance-maladie par le biais de l’art. 95a LAMal.

L’ALCP n’harmonise pas les systèmes. L’assurance de base suisse avec prime par tête, franchise et libre choix de la caisse reste telle quelle, et les États de l’UE conservent leurs propres systèmes. L’accord dit seulement quel système s’applique à qui. Le champ d’application se détermine selon la nationalité (Suisse ou UE, ainsi que les réfugiés, les apatrides et les membres de la famille) et selon que la personne est ou a été soumise aux assurances sociales d’un État contractant.

Comment ça fonctionne

La coordination suit quelques principes :

  • Un seul État. Tu es toujours soumis à la législation d’un seul État.
  • Principe du lieu de travail. Qui travaille est assuré là où il travaille. Les frontaliers domiciliés dans l’UE et travaillant en Suisse relèvent donc de l’assurance de base suisse, tout comme les membres de leur famille sans activité lucrative.
  • La rente suit la compétence. Qui ne touche qu’une rente suisse et habite dans l’UE reste assuré en Suisse. Les détails figurent sous rentiers domiciliés à l’étranger.
  • Le détachement comme exception. Qui travaille temporairement dans l’UE pour son employeur suisse reste dans le système suisse jusqu’à 24 mois avec l’attestation A1. Plus d’informations sous détachement.
  • Entraide internationale en matière de prestations. Qui est assuré dans un État et soigné dans un autre reçoit les prestations selon le droit de l’État de traitement. Lors d’un séjour temporaire, c’est la carte européenne d’assurance maladie (CEAM) qui sert à cela.

Avec l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Autriche, et pour les rentiers aussi avec l’Espagne et le Portugal, la Suisse a convenu de règles particulières : qui y habite peut s’assurer dans son pays de résidence plutôt qu’en Suisse. C’est le droit d’option. Il doit être exercé au moyen d’une demande.

Les assurés domiciliés dans l’UE ne paient pas la prime d’une commune suisse, mais la prime que leur caisse calcule pour leur État de résidence. Les franchises à option et les formes particulières d’assurance ne leur sont pas ouvertes. En cas de revenu modeste, il existe une réduction des primes : pour les frontaliers, les membres de la famille de personnes exerçant une activité lucrative et les chômeurs par le canton, pour les rentiers par la Confédération.

Base légale

L’art. 8 ALCP oblige les parties contractantes à coordonner les systèmes d’assurances sociales conformément à l’annexe II, en particulier pour assurer l’égalité de traitement, déterminer la législation applicable, totaliser les périodes d’assurance et payer les prestations aux personnes résidant sur le territoire d’une partie contractante. L’art. 95a al. 1 LAMal déclare les règlements (CE) no 883/2004 et no 987/2009, dans leur version obligatoire pour la Suisse selon l’annexe II, applicables à l’assurance-maladie ; l’al. 2 fait de même pour les États de l’AELE.

L’OAMal met cela en œuvre. L’art. 1 al. 2 let. d OAMal soumet à l’assurance suisse les personnes domiciliées dans l’UE lorsque l’ALCP l’exige ; les let. f et g règlent les titulaires d’une autorisation de courte durée et les personnes soumises à la procédure d’annonce. L’art. 2 al. 1 let. c à g OAMal excepte les personnes soumises au droit d’un autre État selon l’ALCP, et l’art. 2 al. 6 OAMal est la base du droit d’option. La réduction des primes pour les assurés domiciliés dans l’UE figure à l’art. 65a LAMal (cantons) et à l’art. 66a LAMal (Confédération pour les rentiers).

Exemple : quatre personnes, quatre compétences

Le tableau montre quel État est compétent en 2026 pour l’assurance-maladie. Toutes les personnes sont ressortissantes de la Suisse ou d’un État de l’UE.

PersonneSituationCompétence
Claire, 36 anshabite en France, travaille à GenèveSuisse, ou France avec le droit d’option
Luca, 47 anshabite à Lugano, 18 mois à Milan pour une entreprise suisseSuisse, avec attestation A1
Ingrid, 69 ansuniquement une rente AVS, habite au PortugalSuisse, ou Portugal avec le droit d’option (pour elle seule)
Tomasz, 25 anshabite en Pologne, en vacances à ZermattPologne ; en Suisse, traitement avec la CEAM

Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?

À chaque étape transfrontalière, demande-toi si la compétence change :

  1. Nouvel emploi de l’autre côté de la frontière. Qui commence à travailler en Suisse en habitant dans l’UE doit s’assurer dans les trois mois ou exercer le droit d’option.
  2. Déménagement avec une rente. Qui part dans l’UE avec une rente suisse ne résilie pas sa caisse, mais vérifie si elle propose l’assurance dans le nouvel État de résidence.
  3. Détachement. Avant le départ, demande l’attestation A1 à la caisse de compensation AVS.
  4. Vacances et études. Emporte la CEAM. Si tu ne l’as pas, demande-la à ta caisse.

Les fiches sous Caisses-maladie montrent quelles caisses proposent quelles offres. Pour les assurés domiciliés en Suisse, tu compares les primes dans le calculateur de primes. Les délais pour changer de caisse figurent sous Délais.

Erreurs fréquentes

  • Résilier automatiquement en cas de départ dans l’UE. Qui touche une rente suisse, travaille en Suisse ou perçoit des indemnités de chômage de Suisse reste souvent assuré en Suisse.
  • Supposer que le droit d’option s’exerce tacitement. Il faut toujours une demande formelle dans le délai.
  • Utiliser la CEAM pour des traitements planifiés. Elle s’applique aux traitements médicalement nécessaires pendant un séjour temporaire, pas à une opération planifiée à l’étranger.
  • Confondre l’ALCP avec le Royaume-Uni. Depuis le Brexit, un accord propre avec des règles semblables s’applique.

Tu trouves d’autres notions sur l’étranger et le travail frontalier dans le glossaire.

Questions fréquentes

Que règle l’accord sur la libre circulation pour la caisse-maladie ?

Il détermine quel État est compétent pour ton assurance-maladie lorsque tu habites, travailles ou touches une rente entre la Suisse et l’UE. À cet effet, la Suisse reprend les règlements de coordination de l’UE, avant tout le règlement (CE) no 883/2004.

En tant que frontalier, dois-je m’affilier à une caisse-maladie suisse ?

En principe oui, car le principe du lieu de travail s’applique. Qui habite en Allemagne, en France, en Italie ou en Autriche peut, grâce au droit d’option, choisir à la place l’assurance du pays de résidence.

L’ALCP s’applique-t-il aussi à la Norvège, à l’Islande, au Liechtenstein et au Royaume-Uni ?

Pas directement. Pour l’Islande, la Norvège et le Liechtenstein, les mêmes règles s’appliquent via la Convention AELE. Avec le Royaume-Uni, la Suisse a conclu depuis le Brexit un accord propre du 9 septembre 2021 sur la coordination des assurances sociales.

Que paie un touriste de l’UE pour un traitement en Suisse ?

Avec la carte européenne d’assurance maladie, il paie un forfait pour la franchise et la quote-part : CHF 92 pour les adultes et CHF 33 pour les enfants par période de 30 jours. À l’hôpital s’ajoutent CHF 15 par jour.

Termes associés

Sources

  1. Accord entre la Suisse et l’UE sur la libre circulation des personnes (ALCP), art. 8Art. 8 ALCPfedlex.admin.ch
  2. Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 95aArt. 95a LAMalfedlex.admin.ch
  3. Ordonnance sur l’assurance-maladie (OAMal), art. 1 et 2Art. 1 al. 2, art. 2 OAMalfedlex.admin.ch
  4. Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 65a et 66aArt. 65a, 66a LAMalfedlex.admin.ch
  5. OFSP : Assurance-maladie, obligation de s’assurerbag.admin.ch
  6. OFSP : Assurance-maladie, participation aux coûts pour assurés domiciliés à l’étrangerbag.admin.ch
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