L’essentiel en bref
- La règle figure à l’art. 3c OPAS et s’applique depuis le 01.01.2019 à des interventions choisies, non urgentes.
- Depuis le 01.01.2023, la liste de l’annexe 1a OPAS comprend pour toute la Suisse 18 groupes d’interventions issus de huit domaines de spécialité.
- Un séjour hospitalier est payé si un critère d’exception est rempli, par exemple un âge jusqu’à 3 ans ou un trajet de plus de 60 minutes jusqu’à l’hôpital d’urgence le plus proche.
- Si aucun critère ne s’applique, il faut au préalable une garantie de prise en charge de la caisse, sur recommandation du médecin-conseil.
Qu’est-ce que « l’ambulatoire avant le stationnaire » ?
« L’ambulatoire avant le stationnaire » est un principe de la politique de santé suisse et, depuis 2019, une règle concrète de l’assurance de base. Il signifie : lorsqu’une intervention planifiable est médicalement tout aussi bien possible sans nuitée à l’hôpital, elle doit être effectuée en mode ambulatoire. Tu arrives le matin, tu es opéré et tu rentres chez toi le jour même. Le traitement hospitalier, avec au moins une nuit dans un lit d’hôpital, reste réservé aux cas où il est vraiment nécessaire.
En tant que règle ayant un effet financier, le principe ne s’applique toutefois au niveau fédéral qu’à une liste déterminée d’interventions. Cette liste figure à l’annexe 1a de l’ordonnance sur les prestations de l’assurance des soins (OPAS). Pour tous les autres traitements, la médecin et le patient décident comme auparavant si le traitement est ambulatoire ou hospitalier ; la caisse vérifie comme toujours si le traitement est efficace, approprié et économique.
La règle concerne les interventions électives, c’est-à-dire des opérations planifiées, non urgentes, sur des personnes dont l’état de santé est en principe stable. Les urgences n’en font pas partie. Elle s’applique à toutes les personnes assurées dans l’assurance de base, quels que soient la caisse, le modèle ou la franchise.
Pourquoi c’est important : selon l’OFSP, une exécution ambulatoire de ces interventions coûte le plus souvent nettement moins de la moitié d’une exécution hospitalière. La règle doit éviter des nuitées inutiles à l’hôpital et ainsi réduire les coûts, sans dégrader la qualité.
Comment ça fonctionne
La liste des interventions
L’annexe 1a OPAS, chiffre I, énumère dans l’édition du 01.01.2026 18 groupes d’interventions issus de huit domaines de spécialité. Les interventions individuelles sont désignées par les codes de la Classification suisse des interventions chirurgicales (CHOP).
| Domaine de spécialité | Groupes d’interventions |
|---|---|
| Yeux | opération de la cataracte |
| Appareil locomoteur | chirurgie de la main ; interventions sur les orteils (sans hallux valgus) ; ablation de matériel d’ostéosynthèse ; arthroscopie du genou, ménisque compris ; interventions sur le coude |
| Cardiologie | examens cardiologiques ; implantation, remplacement et retrait de stimulateurs cardiaques |
| Vaisseaux | opérations des varices des jambes ; dilatations vasculaires par cathéter (PTA) |
| Chirurgie générale et viscérale | hémorroïdes ; hernie inguinale unilatérale ; hernie ombilicale ; fistules anales |
| Gynécologie | examens et interventions sur le col de l’utérus et l’utérus |
| Urologie | circoncision ; lithotripsie extracorporelle par ondes de choc (ESWL) |
| Oto-rhino-laryngologie | interventions sur les amygdales et les végétations |
Les critères d’exception
Le chiffre II de l’annexe 1a mentionne des circonstances qui justifient une exécution hospitalière. Si l’une d’elles est remplie, l’assurance de base paie le séjour hospitalier. En font notamment partie :
- Âge : enfants jusqu’à 3 ans ; jusqu’à 18 ans si une thérapie aux opiacés est nécessaire après l’opération.
- Maladies concomitantes : par exemple une insuffisance cardiaque à partir du stade NYHA III, des maladies pulmonaires ou rénales graves, des troubles de la coagulation, une obésité importante (IMC de 40 ou plus) ou un diabète difficile à équilibrer.
- Motifs sociaux : aucune personne adulte dans le ménage ou rapidement sur place pour s’occuper du patient dans les 24 heures qui suivent l’opération, aucune possibilité de transport jusqu’à la maison ou un trajet de plus de 60 minutes jusqu’à un hôpital disposant d’un service d’urgence 24 heures sur 24.
Pour certaines interventions, des seuils supplémentaires ou plus stricts s’appliquent, par exemple un IMC supérieur à 35 pour les stimulateurs cardiaques. La liste n’est pas exhaustive : s’il existe une autre circonstance particulière, l’hôpital demande au préalable une garantie de prise en charge. La caisse décide alors sur recommandation de son médecin-conseil. Si des complications surviennent pendant ou après une opération prévue en ambulatoire, un séjour hospitalier est évidemment possible.
Listes cantonales
Selon l’OFSP, les cantons peuvent édicter des règles allant plus loin. Lors d’une intervention planifiée, renseigne-toi donc pour savoir si des prescriptions supplémentaires s’appliquent dans ton canton de domicile.
Base légale
La règle figure à l’art. 3c OPAS. Si une intervention élective selon l’annexe 1a, chiffre I, est effectuée en mode hospitalier, l’assurance ne prend en charge les coûts que si une exécution ambulatoire n’est pas appropriée ou pas économique en raison de circonstances particulières (al. 1). C’est le cas lorsqu’un critère selon l’annexe 1a, chiffre II, est rempli (al. 2). En présence d’autres circonstances, il faut obtenir au préalable une garantie spéciale de l’assureur, qui tient compte de la recommandation du médecin-conseil (al. 3). L’OFSP publie l’annexe sur son site internet (al. 4).
La base dans la loi est l’art. 32 al. 1 LAMal : les prestations de l’assurance de base doivent être efficaces, appropriées et économiques. Le financement des traitements hospitaliers par le canton et la caisse est réglé par l’art. 49a LAMal ; le canton en supporte aujourd’hui au moins 55 %. Jusqu’à fin 2027, les traitements ambulatoires sont payés par la seule caisse. Avec le financement uniforme (EFAS), les deux domaines seront financés selon la même clé dès le 01.01.2028.
Exemple : opération d’une hernie inguinale
Marco a 52 ans, une franchise de CHF 2 500 et se fait opérer d’une hernie inguinale unilatérale. L’intervention figure sur la liste de l’annexe 1a OPAS. La suite dépend de sa situation.
| Situation | Exécution | Qui paie |
|---|---|---|
| Marco est en bonne santé et vit avec sa partenaire | ambulatoire | caisse, après déduction de la franchise et de la quote-part |
| Marco vit seul, personne ne peut s’occuper de lui pendant les 24 premières heures | hospitalière possible (critère rempli) | caisse et canton de résidence ; Marco paie en plus la contribution aux frais de séjour hospitalier |
| Marco souhaite une nuit à l’hôpital sans critère et sans garantie de prise en charge | hospitalière | l’assurance de base ne prend pas en charge l’intervention |
Pour Marco, l’entretien avant l’opération vaut donc la peine : il clarifie avec le chirurgien si un critère s’applique à lui et, sinon, il organise une personne pour l’accompagner la première nuit à la maison.
Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?
Si une intervention planifiée t’attend, clarifie trois questions à l’avance :
- L’intervention figure-t-elle sur la liste ? Demande à la médecin qui opère ou consulte la liste de l’OFSP. Pour les interventions qui ne figurent pas sur la liste, la règle ne s’applique pas.
- Un critère d’exception s’applique-t-il ? Des maladies concomitantes, l’âge ou la prise en charge à la maison peuvent justifier une nuitée. L’hôpital doit documenter le motif.
- Qui demande la garantie de prise en charge ? Si aucun critère ne s’applique et que tu estimes malgré tout qu’un séjour hospitalier est nécessaire, l’hôpital doit au préalable s’adresser à la caisse. Sans garantie de prise en charge, tu risques que la caisse ne paie pas.
Une opération ambulatoire t’épargne la contribution aux frais de séjour hospitalier de CHF 15 par jour. La franchise et la quote-part s’appliquent dans les deux cas. Si tu prévois une opération pour l’année prochaine, il vaut la peine de regarder ta franchise : une baisse de franchise doit être annoncée au plus tard le 30 novembre, les échéances figurent sous Délais. Le calculateur de primes montre comment la franchise et le modèle influencent ta prime ; les informations sur chaque caisse se trouvent sous Caisses-maladie.
Si tu as une assurance complémentaire d’hospitalisation, vérifie ses conditions : elle décide elle-même si elle paie un séjour hospitalier sans motif médical. Comment les interventions ambulatoires sont facturées avec les forfaits ambulatoires, nous l’expliquons séparément.
Erreurs fréquentes
- Prendre la règle pour une interdiction. Les traitements hospitaliers restent possibles si un critère est rempli ou si la caisse a donné son accord au préalable.
- Ne pas clarifier la prise en charge à la maison. S’il manque une personne adulte pour s’occuper de toi pendant les 24 premières heures, c’est un critère reconnu. Signale-le à l’hôpital avant l’opération.
- Croire que la règle s’applique à toutes les opérations. Elle ne concerne que les 18 groupes de l’annexe 1a OPAS et d’éventuelles prescriptions cantonales.
- Confondre urgences et interventions planifiées. En cas de hernie inguinale étranglée traitée en urgence, la règle ne s’applique pas.
Comment nous calculons nos exemples, nous l’expliquons sous Notre méthode de calcul.
Questions fréquentes
Que signifie « l’ambulatoire avant le stationnaire » ?
Certaines interventions planifiables doivent avoir lieu sans nuitée à l’hôpital. Pour ces interventions, l’assurance de base ne paie en principe que l’exécution ambulatoire. Un séjour hospitalier n’est pris en charge que si des circonstances particulières le rendent nécessaire.
Quelles interventions sont concernées ?
L’annexe 1a OPAS mentionne 18 groupes, dont les opérations de la cataracte, les arthroscopies du genou, les opérations des varices, les opérations unilatérales de la hernie inguinale, les interventions sur les hémorroïdes ainsi que l’ablation des amygdales et des végétations. L’OFSP publie la liste exacte avec les codes d’opération.
Puis-je malgré tout passer la nuit à l’hôpital ?
Oui, si un critère d’exception est rempli, par exemple une maladie concomitante grave ou l’absence de personne pouvant s’occuper de toi à la maison pendant les 24 premières heures. Sans un tel motif et sans garantie de prise en charge préalable, l’assurance de base ne prend pas en charge l’intervention effectuée en mode hospitalier.
La règle s’applique-t-elle aussi à l’assurance complémentaire ?
L’art. 3c OPAS ne règle que l’assurance de base. Qu’une assurance complémentaire d’hospitalisation paie un séjour hospitalier souhaité sans motif médical dépend de ses conditions contractuelles.
Termes associés
- Traitement ambulatoireUn traitement ambulatoire est tout traitement après lequel tu ne passes pas la nuit à l’hôpital : la consultation au cabinet médical, la physiothérapie ou une opération avec retour à la maison le jour même. L’assurance de base le paie selon le tarif, et tu supportes la franchise et 10 % de quote-part jusqu’à CHF 700 par an.
- Traitement hospitalier (stationnaire)Un traitement hospitalier (stationnaire) est un séjour à l’hôpital d’au moins 24 heures ou un séjour plus court avec une nuit dans un lit d’hôpital. Dans un hôpital répertorié, l’assurance de base le paie avec ton canton de domicile, qui en supporte au moins 55 %. Tu paies la franchise, la quote-part et CHF 15 par jour de contribution aux frais de séjour hospitalier.
- EFAS (financement uniforme des prestations)EFAS désigne le financement uniforme des prestations ambulatoires et hospitalières de l’assurance de base. Dès le 01.01.2028, les cantons paieront 26,9 % des coûts nets de toutes les prestations, les primes en couvriront 73,1 %. Aujourd’hui, les cantons ne paient qu’aux traitements hospitaliers, au moins 55 %, et les primes financent seules l’ambulatoire. Les soins suivront dès 2032.
- Forfaits ambulatoiresLes forfaits ambulatoires sont des prix fixes pour l’ensemble d’un traitement ambulatoire, par exemple une arthroscopie, au lieu d’une facture comportant de nombreuses positions. Depuis le 01.01.2026, environ 300 forfaits de ce type s’appliquent dans l’assurance de base, avec le tarif à la prestation TARDOC. Tous deux remplacent l’ancien tarif TARMED. Ta participation aux coûts est calculée sur le montant du forfait.
Sources
- Ordonnance sur les prestations de l’assurance des soins (OPAS), art. 3cArt. 3c OPASfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 32Art. 32 LAMalfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 49aArt. 49a LAMalfedlex.admin.ch
- Ordonnance sur l’assurance-maladie (OAMal), art. 104Art. 104 OAMalfedlex.admin.ch
- OFSP : Annexe 1a de l’ordonnance sur les prestations de l’assurance des soins (OPAS)bag.admin.ch
- OFSP : L’ambulatoire avant le stationnairebag.admin.ch
- OFSP : Modification de la LAMal, financement uniforme des prestationsbag.admin.ch
