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Maintien du salaire en cas de maladie : ce que doivent les employeurs

Combien de temps l’employeur paie le salaire en cas de maladie, quand une assurance d’indemnités journalières prend le relais et ce à quoi les PME et les employés doivent faire attention.

Cette page est une traduction ; la version allemande fait foi. Version originale : Deutsch

Réponse courte

Si tu es malade sans faute de ta part, ton employeur doit continuer à verser ton salaire pour un temps limité, pour autant que les rapports de travail aient duré plus de trois mois ou aient été conclus pour plus de trois mois. La première année de service, c’est 3 semaines, ensuite plus longtemps selon une échelle (art. 324a CO). Une assurance d’indemnités journalières versant 80 % pendant 720 jours peut remplacer cette obligation.

Illustration : un calendrier mural aux semaines barrées à côté d’une enveloppe de salaire sur un bureau

L’essentiel en bref

  1. Le droit au maintien du salaire existe si les rapports de travail ont duré plus de trois mois ou ont été conclus pour plus de trois mois (art. 324a al. 1 CO).
  2. La première année de service, l’employeur paie 3 semaines de salaire, ensuite un temps plus long fixé équitablement ; les tribunaux calculent avec l’échelle bâloise, bernoise ou zurichoise (art. 324a al. 2 CO, SECO).
  3. Une réglementation différente exige la forme écrite, un contrat-type ou une convention collective de travail et doit être au moins équivalente (art. 324a al. 4 CO).
  4. Selon le SECO, une assurance d’indemnités journalières versant 80 % du salaire pendant 720 jours est réputée équivalente si l’employeur paie au moins la moitié de la prime.
  5. Pendant une maladie, l’employeur ne peut pas licencier après le temps d’essai : 30, 90 ou 180 jours selon l’année de service (art. 336c CO).

Maintien du salaire en cas de maladie : la règle de base

Si tu tombes malade et ne peux pas travailler, ce n’est pas la caisse-maladie qui paie ton salaire. L’assurance de base prend en charge les frais de médecin, d’hôpital et de médicaments ; elle ne connaît pas de remplacement du salaire. Pour le salaire, c’est le droit du travail qui s’applique : l’employeur doit continuer à le verser pour un temps limité, c’est le maintien du salaire selon l’art. 324a CO.

L’obligation existe à trois conditions (art. 324a al. 1 CO) :

  1. Tu es empêché de travailler pour des causes inhérentes à ta personne, par exemple une maladie ou un accident.
  2. Tu n’as commis aucune faute.
  3. Les rapports de travail ont duré plus de trois mois ou ont été conclus pour plus de trois mois.

Pour une mission à durée déterminée de deux mois, le droit n’existe donc pas. À partir de quand il s’applique pour un contrat de durée indéterminée avec temps d’essai, la doctrine et les tribunaux n’en jugent pas de manière uniforme ; en cas de litige, c’est le tribunal du travail qui décide.

L’aperçu montre qui paie quoi et dans quelle proportion en cas de maladie :

Situationqui paiecombienbase
Maladie, pas d’assurance d’indemnités journalièresemployeur100 % du salaire, durée limitéeArt. 324a CO
Maladie, assurance d’indemnités journalièresassurance, l’employeur pendant le délai d’attentele plus souvent 80 % du salaire, jusqu’à 720 jourscontrat de travail, art. 324a al. 4 CO, CGA
Accident (assuré aussi pendant les loisirs dès 8 heures par semaine)assurance-accidents dès le 3e jour, l’employeur avant80 % du gain assuréArt. 16, 17 LAA, art. 324b CO
Grossesse avec empêchement de travailleremployeurcomme en cas de maladieArt. 324a al. 3 CO
Frais de traitementcaisse-maladie (assurance de base)déduction faite de la franchise et de la quote-partLAMal

Combien de temps l’employeur paie : échelles bâloise, bernoise et zurichoise

La loi ne fixe précisément que la première année de service : 3 semaines. Ensuite, l’employeur doit le salaire « pour une période plus longue fixée équitablement », compte tenu de la durée des rapports de travail et des circonstances particulières (art. 324a al. 2 CO). Pour la déterminer, les tribunaux appliquent des échelles. Le SECO les présente ainsi :

Durée du maintien du salaire en cas de maladie selon les échelles des tribunaux (SECO)
Année de serviceÉchelle bâloise (BS, BL)Échelle bernoise (BE, AG, OW, SG, Suisse romande)Échelle zurichoise (ZH, GR)
1re3 semaines3 semaines3 semaines
2e2 mois1 mois8 semaines
3e2 mois2 mois9 semaines
4e3 mois2 mois10 semaines
5e3 mois3 mois11 semaines
6e à 9e3 mois3 mois12 à 15 semaines
10e3 mois4 mois16 semaines
11e4 mois4 mois17 semaines

L’échelle zurichoise augmente d’une semaine chaque année dès la deuxième année de service. L’échelle applicable dépend du canton dans lequel le tribunal du travail statue. Selon le SECO, les règles suivantes s’appliquent en outre :

  • Par année de service : le droit est calculé par année de service et recommence à chaque nouvelle année de service.
  • Additionner les absences : plusieurs maladies dans la même année de service s’additionnent.
  • Salaire complet : le maintien du salaire comprend aussi les autres éléments du salaire qui auraient été dus sans la maladie. Il n’y a pas de jours de carence.
  • Davantage est permis : le contrat de travail, la convention collective de travail (CCT) ou le contrat-type de travail (CTT) peuvent prévoir une durée plus longue.

Assurance d’indemnités journalières au lieu du maintien du salaire

Beaucoup d’employeurs remplacent l’obligation de l’art. 324a CO par une assurance d’indemnités journalières en cas de maladie. Elle verse une indemnité journalière, le plus souvent 80 % du salaire, mais beaucoup plus longtemps que les échelles. La loi n’autorise une telle dérogation qu’à deux conditions (art. 324a al. 4 CO) :

  • Forme : accord écrit, contrat-type de travail ou convention collective de travail. Un accord oral ne suffit pas.
  • Équivalence : la solution doit être au moins équivalente pour les employés. Selon le SECO, c’est le cas d’indemnités journalières de 80 % du salaire pendant 720 jours lorsque l’employeur paie au moins la moitié de la prime. Selon la jurisprudence, 1 à 3 jours de carence sans salaire sont admissibles.

L’assurance d’indemnités journalières peut être conclue selon la LAMal ou selon la LCA (art. 67 LAMal). Une assurance d’indemnités journalières selon la LAMal paie dès une incapacité de travail d’au moins 50 %, sauf convention contraire dès le troisième jour, et pour une ou plusieurs maladies pendant au moins 720 jours dans une période de 900 jours (art. 72 al. 2 et 3 LAMal). La plupart des employeurs concluent une assurance collective selon la LCA ; les CGA règlent alors le délai d’attente, la durée des prestations et les exclusions. Ce qui fait foi, ce sont la police et les CGA de l’assurance.

Pour les indemnités journalières, le délai de carence s’appelle le plus souvent délai d’attente : ce sont les jours entre le début de l’incapacité de travail et la première indemnité. Un délai d’attente plus long réduit la prime. Le contrat de travail doit régler comment le salaire est payé pendant le délai d’attente.

Exemple de calcul : avec et sans assurance d’indemnités journalières

Exemple avec des personnes fictives. Sara (34 ans) travaille pendant sa première année de service, pour une durée indéterminée, dans une PME à Zurich. Son salaire brut s’élève par hypothèse à CHF 1 500 par semaine. Elle est totalement incapable de travailler pendant cinq semaines.

L’exemple montre pourquoi la solution à 80 % est réputée équivalente : pour de courtes absences, elle peut rapporter moins que 100 % du salaire, pour des absences plus longues nettement plus. Ton contrat de travail et le règlement du personnel indiquent si une assurance existe dans ton cas et combien de temps dure le délai d’attente.

Protection contre le licenciement pendant la maladie

Après le temps d’essai, l’employeur ne peut pas licencier tant que tu es totalement ou partiellement incapable de travailler, sans faute de ta part, en raison d’une maladie ou d’un accident. La période de protection dure (art. 336c al. 1 let. b CO) :

Année de servicePériode de protection
1re30 jours
2e à 5e90 jours
dès la 6e180 jours

Un licenciement donné pendant la période de protection est nul. Si le congé a été donné avant et que le délai de congé court encore, celui-ci est suspendu et ne continue de courir qu’après la fin de la période de protection (art. 336c al. 2 CO). Le contrat ne peut pas déroger à ces règles à ton détriment (art. 362 CO). La période de protection est indépendante du maintien du salaire : elle peut être plus longue ou plus courte que la période pendant laquelle le salaire est dû.

En cas d’accident, c’est l’assurance-accidents qui s’applique

En cas d’accident, l’assurance-accidents obligatoire verse dès le troisième jour qui suit celui de l’accident une indemnité journalière de 80 % du gain assuré (art. 16 al. 2 et art. 17 al. 1 LAA). Pour les jours précédents, l’employeur doit payer au moins 80 % du salaire (art. 324b al. 3 CO). Si l’assurance couvre 80 %, son obligation de verser le salaire est ainsi éteinte (art. 324b al. 1 CO).

Qui travaille au moins huit heures par semaine chez le même employeur est aussi assuré contre les accidents pendant les loisirs (art. 13 OLAA). Tu peux alors faire suspendre la couverture des accidents de l’assurance de base et économiser de la prime (art. 8 LAMal). Si l’emploi prend fin ou que ton temps de travail passe sous huit heures par semaine, la couverture des accidents de la caisse-maladie s’applique de nouveau (art. 8 al. 2 LAMal) ; annonce-le à ta caisse, sinon elle peut réclamer la prime avec des intérêts moratoires (art. 10 LAMal).

Ce que les PME doivent clarifier en tant qu’employeurs

Pour une PME avec ses premiers employés, le maintien du salaire est un risque financier : sans assurance, l’entreprise supporte le salaire complet de la personne malade et souvent aussi un remplacement. Voici comment procéder en tant qu’employeuse ou employeur :

  1. Fixer la règle dans le contrat de travail : l’art. 324a CO avec une échelle s’applique-t-il, ou une solution d’indemnités journalières ? Une dérogation exige la forme écrite (art. 324a al. 4 CO).
  2. Vérifier la CCT et le CTT : de nombreuses branches imposent une assurance d’indemnités journalières et ses prestations.
  3. Comparer les offres : délai d’attente, durée des prestations, part du salaire, exclusions et réserves. Ce qui fait foi, ce sont les CGA.
  4. Partager la prime : pour l’équivalence, l’employeur paie selon le SECO au moins la moitié.
  5. Couvrir le délai d’attente : régler le salaire pendant le délai d’attente dans le contrat.
  6. Régler le certificat médical : il est préférable d’inscrire dans le contrat à partir de quel jour il est nécessaire ; selon le SECO, il peut être exigé dès le premier jour.

L’article PME : premiers employés explique ce à quoi il faut encore faire attention avec les premiers employés. Si tu souhaites discuter personnellement d’une solution d’indemnités journalières, tu peux faire une demande.

Cas particuliers

  • Incapacité de travail partielle : si tu es incapable de travailler à 50 %, tu travailles pour le reste et reçois le salaire normal pour cette part. Une assurance d’indemnités journalières selon la LAMal ne paie qu’à partir d’une incapacité de travail d’au moins 50 % (art. 72 al. 2 LAMal).
  • Grossesse : en cas d’empêchement de travailler dû à la grossesse, l’employeur doit le salaire dans la même mesure qu’en cas de maladie (art. 324a al. 3 CO).
  • Enfant malade : pour s’occuper d’un enfant malade, il existe selon le SECO un congé payé selon les mêmes règles qu’en cas de maladie personnelle, au plus trois jours par événement.
  • Indépendants : qui est indépendant n’a pas d’employeur qui maintient le salaire. Seule une assurance d’indemnités journalières personnelle couvre la perte de gain ; plus d’informations dans l’article Devenir indépendant et dans l’article Indemnités journalières pour indépendants.
  • Engagements de courte durée : pour des rapports de travail de trois mois au plus, qui n’ont pas été conclus pour plus longtemps, il n’existe pas de droit selon l’art. 324a CO.

Erreurs fréquentes

  • Croire que la caisse-maladie paie le salaire. L’assurance de base paie des traitements, jamais de remplacement du salaire. Les indemnités journalières sont une assurance distincte.
  • Convenir d’une solution d’indemnités journalières uniquement oralement. Sans accord écrit, CTT ou CCT, c’est l’art. 324a CO qui s’applique, avec 100 % du salaire selon l’échelle.
  • Considérer les absences séparément. Plusieurs maladies dans la même année de service s’additionnent.
  • Manquer le passage lors d’un changement d’emploi. Qui quitte l’assurance collective devrait clarifier à temps son droit de passage.
  • Oublier d’informer la caisse. Qui perd son emploi ou travaille moins de huit heures par semaine l’annonce à la caisse-maladie, afin que la couverture des accidents reprenne et qu’aucun rappel de primes ne survienne.

Tous les thèmes pour les indépendants, les employeuses et les PME se trouvent dans la rubrique Indépendants et PME. Tu compares les primes de l’assurance de base dans le calculateur de primes et les chiffres clés des caisses dans les fiches des caisses-maladie.

Questions fréquentes

Combien de temps l’employeur paie-t-il le salaire en cas de maladie ?

La première année de service, 3 semaines, ensuite plus longtemps, selon la durée des rapports de travail. Les tribunaux calculent avec des échelles : la deuxième année de service, c’est 1 mois selon l’échelle bernoise, 8 semaines selon l’échelle zurichoise et 2 mois selon l’échelle bâloise. Le contrat de travail ou la CCT peuvent prévoir davantage.

Mon employeur doit-il conclure une assurance d’indemnités journalières en cas de maladie ?

Pas selon le droit fédéral. Beaucoup de contrats de travail et de conventions collectives la prévoient toutefois. Sans assurance, l’employeur paie lui-même le salaire complet pour la durée prévue à l’art. 324a CO.

La caisse-maladie paie-t-elle mon salaire quand je suis malade ?

Non, l’assurance de base ne paie que les frais de traitement, pas de remplacement du salaire. Le remplacement du salaire en cas de maladie vient de l’employeur ou d’une assurance d’indemnités journalières, en cas d’accident de l’assurance-accidents.

À partir de quand faut-il un certificat médical ?

Selon le SECO, l’employeur peut exiger un certificat médical dès le premier jour. Beaucoup de contrats de travail ne l’exigent qu’à partir du troisième ou du quatrième jour. C’est ton contrat qui fait foi.

Mon employeur peut-il me licencier pendant que je suis malade ?

Après le temps d’essai, pas pendant la période de protection : 30 jours la première année de service, 90 jours de la deuxième à la cinquième année et 180 jours dès la sixième année de service (art. 336c CO). Un licenciement donné pendant cette période est nul.

Sources

  1. Code des obligations (CO), art. 324aArt. 324a al. 1–4 COfedlex.admin.ch
  2. Code des obligations (CO), art. 324bArt. 324b COfedlex.admin.ch
  3. Code des obligations (CO), art. 336cArt. 336c al. 1 let. b et al. 2 COfedlex.admin.ch
  4. Code des obligations (CO), art. 362Art. 362 COfedlex.admin.ch
  5. SECO, FAQ sur l’empêchement de travailler (échelles, assurance d’indemnités journalières, certificat médical)seco.admin.ch
  6. Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 67Art. 67 LAMalfedlex.admin.ch
  7. Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 72Art. 72 al. 2 et 3 LAMalfedlex.admin.ch
  8. Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 71Art. 71 LAMalfedlex.admin.ch
  9. Loi fédérale sur l’assurance-accidents (LAA), art. 16 et 17Art. 16 al. 2, art. 17 al. 1 LAAfedlex.admin.ch
  10. Ordonnance sur l’assurance-accidents (OLAA), art. 13Art. 13 OLAAfedlex.admin.ch
  11. Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 8 et 10Art. 8, 10 LAMalfedlex.admin.ch

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