L’essentiel en bref
- Le RME est un registre privé exploité par Eskamed SA à Bâle ; ce n’est ni un office ni une autorité.
- L’assurance de base ne paie les médecines complémentaires que chez des médecins disposant d’une formation postgrade reconnue dans cinq disciplines (art. 4b OPAS).
- Les thérapies non médicales sont tout au plus payées par une assurance complémentaire selon la LCA, aux conditions prévues par le contrat.
- Les conditions générales d’assurance de l’assurance complémentaire indiquent si ta caisse reconnaît les thérapeutes inscrits au RME.
Qu’est-ce que le RME ?
Le RME, ou Registre de Médecine Empirique, est un répertoire de thérapeutes qui proposent des méthodes de médecines alternatives et complémentaires, par exemple des massages, des thérapies par le mouvement ou des méthodes naturopathiques. Il est exploité par Eskamed SA, dont le siège est à Bâle. Selon ses propres indications, elle s’engage depuis 1999 pour l’assurance qualité en médecine empirique.
Une personne inscrite au RME a démontré sa formation pour une méthode déterminée, doit suivre régulièrement une formation continue et faire contrôler sa qualité. En contrepartie, le RME décerne un label de qualité. La reconnaissance ne vaut pas globalement pour une personne, mais pour les méthodes pour lesquelles elle remplit les conditions.
Il est important de savoir ce que le RME n’est pas : ce n’est ni une autorité, ni une caisse-maladie, ni un registre légal. La LAMal ne connaît pas le RME. Son importance pour toi découle uniquement du contrat de ton assurance complémentaire. De nombreux assureurs complémentaires exigent, pour prendre en charge les frais, qu’une thérapeute soit reconnue par un registre comme le RME ou l’ASCA.
La distinction avec l’assurance de base est clairement réglée. L’assurance obligatoire des soins ne prend en charge les médecines complémentaires que si une ou un médecin effectue le traitement, et ce dans cinq disciplines : l’acupuncture, la médecine anthroposophique, la pharmacothérapie de la médecine traditionnelle chinoise, l’homéopathie classique et la phytothérapie. La ou le médecin doit pour cela disposer d’une formation postgrade reconnue. Une inscription au RME ne joue aucun rôle dans l’assurance de base.
Comment ça fonctionne
Pour les médecines complémentaires non médicales, le chemin du traitement au remboursement passe presque toujours par l’assurance complémentaire :
- Choisir une thérapeute. Tu cherches une thérapeute pour une méthode déterminée et tu vérifies dans le registre qu’elle est inscrite pour cette méthode.
- Vérifier la couverture. Les conditions générales d’assurance de ton assurance complémentaire indiquent quels registres et quelles méthodes sont reconnus, combien est payé par séance et s’il existe une limite annuelle.
- Traitement et facture. La thérapeute t’adresse une facture qui mentionne le plus souvent la méthode, la durée et son numéro de registre. En règle générale, tu la paies toi-même.
- Envoi. Tu envoies la facture à ton assurance complémentaire. La caisse rembourse la part contractuelle, pour autant que le registre, la méthode et les limites correspondent.
L’inscription est donc une condition, pas une garantie. Si la caisse ne paie qu’un pourcentage ou seulement jusqu’à un montant fixe par séance, tu supportes toi-même le reste. Chaque assureur fixe dans son propre contrat les pourcentages et les limites applicables ; la loi ne prévoit rien à ce sujet.
Changer de thérapeute peut aussi avoir des conséquences. Si la nouvelle thérapeute n’est inscrite que pour une autre méthode, la caisse ne paiera peut-être rien, même si le traitement semble similaire.
Base légale
Il n’existe pas de base légale pour le RME lui-même. C’est un registre privé qu’Eskamed SA tient selon ses propres règles. Les bases légales concernent la question de savoir qui paie quoi.
Dans l’assurance de base, l’art. 25 al. 2 LAMal détermine quels fournisseurs de prestations peuvent traiter à la charge de l’assurance obligatoire des soins : les médecins, les chiropraticiens, le personnel infirmier ainsi que les personnes qui fournissent des prestations sur prescription ou sur mandat médical. Les thérapeutes non médecins en médecines complémentaires n’en font pas partie. L’art. 4b de l’ordonnance sur les prestations de l’assurance des soins (OPAS) énumère les cinq disciplines médicales de médecine complémentaire et subordonne chaque fois la prise en charge à une formation postgrade déterminée du médecin.
Les assurances complémentaires sont soumises à la loi sur le contrat d’assurance (LCA). La LCA ne prescrit pas quelles thérapies doivent être couvertes. Selon l’art. 3 LCA, l’assureur doit toutefois t’informer avant la conclusion du contrat, notamment sur les risques assurés et l’étendue de la couverture d’assurance. C’est là, dans les conditions générales d’assurance, que figure aussi si l’assureur reconnaît des registres, et lesquels.
Exemple : traitement avec et sans reconnaissance
Nina a 41 ans et dispose d’une assurance complémentaire des soins ambulatoires couvrant les médecines complémentaires. Elle suit dix séances à CHF 120 chez une thérapeute non médecin, soit CHF 1 200 au total. Les valeurs contractuelles du tableau sont des hypothèses à titre d’illustration et ne proviennent pas d’une caisse déterminée.
| Cas | Reconnaissance de la thérapeute | Règle contractuelle supposée | Remboursement | Nina paie elle-même |
|---|---|---|---|---|
| A | inscrite au registre pour cette méthode | 75 %, au maximum CHF 80 par séance | CHF 800 | CHF 400 |
| B | inscrite au registre, mais pour une autre méthode | seules les méthodes reconnues sont couvertes | CHF 0 | CHF 1 200 |
| C | non inscrite | seules les thérapeutes inscrites sont couvertes | CHF 0 | CHF 1 200 |
Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?
Clarifie la prise en charge des frais avant la première séance, pas après. Ces questions t’aident :
- Ai-je une assurance complémentaire adaptée ? Sans assurance complémentaire pour les médecines complémentaires, tu paies toi-même les thérapies non médicales. Tu compares les prestations des caisses sous Comparer les assurances complémentaires.
- Quels registres ma caisse reconnaît-elle ? Cela figure dans les conditions de ton contrat. Certaines caisses reconnaissent plusieurs registres, d’autres exigent une reconnaissance déterminée. Tu trouves les coordonnées des caisses dans leurs fiches sous Caisses-maladie.
- La thérapeute est-elle inscrite pour exactement cette méthode ? Vérifie-le avec la recherche sur emr.ch et demande que le numéro de registre figure sur la facture.
- Existe-t-il une alternative dans l’assurance de base ? L’assurance de base paie l’acupuncture ou l’homéopathie chez une ou un médecin disposant d’une formation postgrade reconnue, après déduction de la franchise et de la quote-part. Le calculateur de primes te montre ce que te coûte l’assurance de base.
Si tu veux conclure une nouvelle assurance complémentaire, tu dois le plus souvent répondre à un questionnaire de santé. Des traitements antérieurs peuvent entraîner une réserve. C’est une raison de plus de bien connaître la couverture de tes contrats existants avant de résilier. Tu trouves plus d’informations sur les registres de thérapeutes sous thérapeutes reconnus.
Erreurs fréquentes
- Prendre le RME pour une autorisation étatique. Le RME est privé. Il ne remplace pas une autorisation cantonale de pratiquer là où elle est requise.
- Supposer que l’assurance de base paie. Les médecines complémentaires non médicales ne sont payées que par une assurance complémentaire, et seulement selon ses règles.
- Ne pas vérifier la méthode. La reconnaissance vaut par méthode. Une thérapeute peut être inscrite pour une méthode et pas pour une autre.
- Négliger les limites. De nombreux contrats limitent le montant par séance ou par année civile. Lis-les avant de planifier une thérapie plus longue.
Nous expliquons comment nous construisons nos exemples et nos comparaisons sous Notre méthode de calcul.
Questions fréquentes
Que signifie RME pour la caisse-maladie ?
RME signifie Registre de Médecine Empirique. De nombreuses assurances complémentaires ne paient les traitements chez des thérapeutes non médecins que s’ils sont reconnus pour la méthode concernée. Le RME est un registre sur lequel de tels contrats peuvent s’appuyer.
L’assurance de base paie-t-elle un traitement chez une thérapeute RME ?
Non. L’assurance de base ne paie les médecines complémentaires que si une ou un médecin disposant d’une formation postgrade reconnue effectue le traitement. Les traitements chez des thérapeutes non médecins sont tout au plus payés par une assurance complémentaire.
Comment savoir si ma thérapeute figure au RME ?
Le RME propose sur emr.ch une recherche par thérapeute et par méthode. Vérifie aussi pour quelle méthode la reconnaissance s’applique, car la caisse ne paie en général que les méthodes enregistrées.
Un label RME suffit-il pour que l’assurance complémentaire paie ?
Pas toujours. Ce sont les conditions de ton assurance complémentaire qui font foi. Certaines caisses exigent la reconnaissance par un registre déterminé, limitent le montant par séance ou par année ou ne paient qu’un pourcentage.
Termes associés
- ASCAL’ASCA est la Fondation suisse pour les médecines complémentaires. Elle contrôle la formation des thérapeutes non médecins et tient un registre d’environ 18 000 personnes et de plus de 150 méthodes. Beaucoup de caisses-maladie exigent la reconnaissance ASCA pour qu’une assurance complémentaire participe à des traitements comme le massage ou le shiatsu. L’assurance de base ne paie pas ces thérapies.
- Thérapeutes reconnusLes thérapeutes reconnus sont des thérapeutes dont une caisse-maladie paie les prestations. Dans l’assurance de base, ce sont des professionnels admis selon l’OAMal qui travaillent sur prescription médicale, par exemple en physiothérapie avec jusqu’à 9 séances par prescription. Pour la naturopathie et les massages, c’est ton assurance complémentaire qui décide, avec sa propre liste.
- Médecines complémentairesLes médecines complémentaires regroupent des méthodes de soins utilisées à côté de la médecine conventionnelle, comme l’acupuncture, l’homéopathie ou la phytothérapie. Depuis 2017, l’assurance de base paie cinq méthodes, mais seulement si une médecin titulaire d’un titre de spécialiste et d’une formation complémentaire reconnue traite. Les traitements chez des thérapeutes non médecins, comme les naturopathes ou les ostéopathes, ne sont couverts que par une assurance complémentaire.
- OstéopathieL’ostéopathie est une méthode de traitement manuelle dans laquelle les ostéopathes examinent et traitent avec les mains des troubles des muscles, des articulations et des tissus. L’assurance de base ne la paie pas, car les ostéopathes ne font pas partie des fournisseurs de prestations selon l’art. 35 LAMal. Seule une assurance complémentaire des soins ambulatoires prend en charge les coûts, selon ses conditions contractuelles.
- AcupunctureL’assurance de base ne paie l’acupuncture que si elle est pratiquée par une médecin ou un médecin titulaire de l’attestation de formation complémentaire Acupuncture – Pharmacothérapie chinoise – MTC (ASA) ; la franchise et 10 % de quote-part s’appliquent alors. Si une thérapeute non médecin te traite, seule une assurance complémentaire pour les médecines complémentaires paie éventuellement, le plus souvent uniquement avec une reconnaissance ASCA ou RME.
Sources
- Ordonnance du DFI sur les prestations de l’assurance des soins (OPAS), art. 4bArt. 4b OPASfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 25Art. 25 LAMalfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur le contrat d’assurance (LCA), art. 3Art. 3 LCAfedlex.admin.ch
- Registre de Médecine Empirique RME (Eskamed SA) : recherche de thérapeutes et méthodesemr.ch
