L’essentiel en bref
- Chaque caisse détermine au début de chaque année civile ses réserves et le montant minimal des réserves, et en fait rapport à l’OFSP.
- Le montant minimal couvre une année qui, avec une probabilité de 1 %, est si mauvaise que les réserves tombent sous un seuil.
- Le taux de solvabilité est le rapport entre les réserves disponibles et le montant minimal ; 100 % est le minimum légal.
- Au 01.01.2025, la branche disposait de CHF 7,8 milliards de réserves pour un montant minimal de CHF 5,3 milliards, soit un taux de 147 %.
- Pour les assurances complémentaires, un autre test s’applique, surveillé par la FINMA.
Qu’est-ce que le test de solvabilité ?
Le test de solvabilité est la vérification annuelle visant à établir si une caisse-maladie est financièrement assez solide pour remplir ses obligations dans l’assurance de base, même lors d’une mauvaise année. Dans l’assurance-maladie, on parle du test de solvabilité LAMal. Il mesure si les réserves d’une caisse dépassent un montant minimal légal.
Les réserves sont les fonds propres de la caisse dans l’assurance de base, c’est-à-dire ce qui reste après déduction de tous les engagements. Elles servent de tampon : si les coûts augmentent plus que prévu ou si les marchés financiers s’effondrent, la caisse couvre la perte avec ses réserves, au lieu d’augmenter les primes en cours d’année ou de ne pas payer des prestations.
Le nom rappelle le Swiss Solvency Test (SST), que la FINMA applique aux assureurs privés. Les deux tests sont distincts. Le test de solvabilité LAMal ne concerne que l’assurance de base et est surveillé par l’OFSP. Pour les assurances complémentaires selon la LCA, c’est la loi sur la surveillance des assurances qui s’applique, avec ses propres règles de solvabilité et la FINMA comme autorité de surveillance. Les affaires de l’assurance complémentaire ne sont expressément pas prises en compte dans le test de solvabilité LAMal.
Comment ça fonctionne
Au début de l’année civile, chaque caisse calcule deux grandeurs :
- Réserves disponibles : valeur de tous les actifs, évalués de manière proche du marché, moins la valeur de tous les engagements, estimés selon des méthodes actuarielles.
- Montant minimal des réserves : le montant dont la caisse a besoin pour surmonter une très mauvaise année. Le modèle tient compte des risques d’assurance (par exemple des prestations plus élevées que prévu), des risques de marché (pertes de cours sur les placements) et des risques de crédit (défaillances de débiteurs) et les agrège selon une méthode prescrite.
Le montant minimal est fixé de sorte que les réserves possibles en fin d’année, dans les 1 % des cas les plus défavorables, ne tombent pas en moyenne sous zéro. En simplifiant : même la pire année sur cent, la caisse doit en moyenne la traverser sans trou.
Le taux de solvabilité découle de ces deux grandeurs : réserves disponibles divisées par le montant minimal. 100 % est le minimum légal. Si le taux est inférieur, la caisse doit reconstituer ses réserves, en règle générale par des primes plus élevées. S’il est nettement supérieur, la caisse peut réduire ses réserves selon un plan de réduction, par exemple avec des primes calculées au plus juste ou un remboursement aux assurés.
Chaque année, la caisse rédige un rapport sur le calcul, que la direction signe et remet à l’OFSP. Si sa situation de risque change fortement en cours d’année, elle doit aussi estimer les valeurs en cours d’année. Lors de la demande d’approbation des primes, elle joint en outre une estimation des réserves à la fin de l’année et du montant minimal pour l’année suivante.
Base légale
L’art. 14 LSAMal oblige les assureurs à constituer des réserves suffisantes pour garantir leur solvabilité et charge le Conseil fédéral de définir un modèle pour le montant minimal. Ce modèle repose sur les risques d’assurance, les risques de marché et les risques de crédit dans l’ensemble du domaine d’activité.
Les détails figurent dans l’OSAMal :
- Art. 9 OSAMal : une nouvelle caisse a besoin de réserves initiales d’au moins CHF 8 millions.
- Art. 10 OSAMal : les réserves sont la différence entre les actifs et les engagements ; les affaires selon la LCA ne sont pas prises en compte.
- Art. 11 OSAMal : montant minimal avec le seuil de 99 % et le modèle composé de la quantification, des scénarios et de l’agrégation.
- Art. 12 et 13 OSAMal : détermination au début de chaque année civile et rapport annuel à l’autorité de surveillance.
- Art. 26 OSAMal : réduction volontaire des réserves avec un plan de réduction.
Si une caisse ne respecte pas les prescriptions, l’autorité de surveillance peut prendre des mesures conservatoires selon l’art. 38 LSAMal, par exemple des hausses de primes, un plan de financement ou d’assainissement ou le transfert de l’effectif des assurés à une autre caisse. Si une caisse devient insolvable, l’Institution commune LAMal prend en charge les coûts des prestations légales selon l’art. 18 al. 2 LAMal. Pour les assurances complémentaires, l’art. 9 LSA exige un capital porteur de risque au moins égal au capital cible.
Exemple : les résultats au 01.01.2025
L’OFSP publie le test de solvabilité sur priminfo.admin.ch. La date de référence du test actuellement publié est le 01.01.2025.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Réserves de la branche | CHF 7,8 milliards |
| Montant minimal de la branche | CHF 5,3 milliards |
| Taux de solvabilité de la branche | 147 % |
| Taux de solvabilité de la branche un an plus tôt | 121 % |
Un taux élevé ne signifie pas automatiquement qu’une caisse est meilleure. Il montre l’importance du tampon disponible. Des réserves très élevées peuvent aussi signifier que la caisse a encaissé plus de primes que nécessaire les années précédentes.
Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?
Pour tes prestations, le taux de solvabilité ne joue guère de rôle : les prestations de l’assurance de base sont les mêmes dans toutes les caisses et sont garanties par l’Institution commune LAMal, même en cas de faillite. Le taux donne toutefois une indication sur l’évolution des primes. Une caisse juste au-dessus de 100 % doit constituer des réserves et augmentera plutôt davantage ses primes. Une caisse avec des réserves très élevées peut calculer ses primes au plus juste ou restituer de l’argent.
Voici comment utiliser ce chiffre :
- Compare d’abord la prime pour ta commune et ta franchise dans le calculateur de primes.
- Regarde ensuite les indicateurs des caisses les moins chères. Les fiches sous Caisses-maladie indiquent le taux de solvabilité, les réserves et les frais administratifs, avec la source et la date.
- Observe la tendance. Un taux qui baisse d’année en année est plus parlant qu’une valeur isolée.
Si tu dois changer de caisse à la suite d’une faillite, l'obligation d’admission s’applique : toute autre caisse active dans ta région doit t’accepter dans l’assurance de base. Le déroulement d’un changement figure sous Changer de caisse.
Erreurs fréquentes
- Lire le taux de solvabilité comme une note de qualité. Il mesure le tampon financier, pas le service ni les prestations.
- Considérer un taux très élevé comme idéal. Les réserves élevées ont été payées par les assurés au travers de leurs primes.
- Mélanger le test LAMal et l’assurance complémentaire. Pour les assurances complémentaires, d’autres règles et une autre autorité de surveillance s’appliquent.
- Utiliser des valeurs anciennes. Le test se rapporte toujours au 1er janvier d’une année. Fais attention à la date de référence.
Comment nous préparons les indicateurs issus de sources officielles : nous l’expliquons sous Notre méthode de calcul.
Questions fréquentes
Que signifie un taux de solvabilité de 150 % ?
La caisse dispose d’une fois et demie les réserves que la loi exige au minimum. Elle pourrait donc absorber une très mauvaise année et aurait encore des réserves ensuite. Un taux plus élevé signifie davantage de sécurité, mais aussi de l’argent qui ne se traduit pas par des primes plus basses.
Que se passe-t-il si une caisse passe sous 100 % ?
La caisse doit prendre des mesures, et l’OFSP, en tant qu’autorité de surveillance, peut intervenir, par exemple en ordonnant des hausses de primes ou un plan d’assainissement. Si la caisse devient insolvable, l’Institution commune LAMal prend en charge les coûts des prestations légales.
Où trouver le taux de solvabilité de ma caisse-maladie ?
L’OFSP publie le taux de chaque assureur sur priminfo.admin.ch. Les valeurs se rapportent au 1er janvier de l’année du test et paraissent, selon l’expérience, en automne.
Mon argent est-il perdu si ma caisse-maladie fait faillite ?
Les prestations de l’assurance de base sont garanties : en cas d’insolvabilité, l’Institution commune LAMal prend en charge les coûts. Tu dois alors chercher une nouvelle caisse, qui est tenue de t’accepter en raison de l’obligation d’admission.
Termes associés
- Réserves des caisses-maladieLes réserves sont les fonds propres d’une caisse-maladie dans l’assurance de base : le montant dont sa fortune dépasse ses engagements. Elles garantissent que la caisse peut payer même lors d’une année coûteuse. Au 01.01.2025, l’ensemble des caisses détenait CHF 7 772.0 millions de réserves, soit 147 % du niveau minimal légal.
- LSAMalLa LSAMal est la loi sur la surveillance de l’assurance-maladie. Depuis le 01.01.2016, elle règle la manière dont la Confédération surveille les caisses-maladie dans l’assurance de base : autorisation, réserves, approbation des primes, frais d’administration et règles pour les intermédiaires. L’autorité de surveillance est l’OFSP. La loi vise à protéger les intérêts des assurés et à garantir la solvabilité des caisses.
- OSAMal (ordonnance sur la surveillance de l’assurance-maladie)L’OSAMal est l’ordonnance du Conseil fédéral sur la surveillance de l’assurance-maladie. Depuis le 01.01.2016, elle concrétise la LSAMal : le montant minimal des réserves des caisses-maladie, l’approbation des primes, les cas dans lesquels les primes payées en trop sont restituées et les règles applicables aux intermédiaires. Elle ne concerne que l’assurance de base.
- Assureur-maladieUn assureur-maladie est une entreprise qui pratique l’assurance de base selon la LAMal avec l’autorisation de l’OFSP ; dans le langage courant, on parle de caisse-maladie. Au 01.01.2026, on en comptait 34. Les assureurs doivent accepter toute personne tenue de s’assurer, ne peuvent pas réaliser de bénéfice avec l’assurance de base et proposent souvent en plus des assurances complémentaires selon la LCA.
Sources
- Loi sur la surveillance de l’assurance-maladie (LSAMal), art. 14Art. 14 LSAMalfedlex.admin.ch
- Ordonnance sur la surveillance de l’assurance-maladie (OSAMal), art. 11Art. 9–13 OSAMalfedlex.admin.ch
- Loi sur la surveillance de l’assurance-maladie (LSAMal), art. 38Art. 38 LSAMalfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 18Art. 18 al. 2 LAMalfedlex.admin.ch
- Loi sur la surveillance des assurances (LSA), art. 9Art. 9 LSAfedlex.admin.ch
- OFSP, Priminfo : test de solvabilité LAMalpriminfo.admin.ch
