L’essentiel en bref
- L’AI applique le principe « la réadaptation prime la rente » : une rente n’est versée que lorsque les mesures de réadaptation raisonnablement exigibles sont épuisées (art. 28, al. 1bis, LAI).
- A droit à une rente la personne qui a présenté une incapacité de travail d’au moins 40 % en moyenne pendant une année et qui est ensuite invalide à 40 % au moins (art. 28 LAI).
- À partir d’un taux d’invalidité de 70 %, la rente est entière ; entre 50 % et 69 %, la quotité de la rente correspond au taux d’invalidité (art. 28b LAI).
- En cas d’infirmité congénitale, l’AI paie les mesures médicales jusqu’à 20 ans révolus ; ensuite, la caisse-maladie prend le relais (art. 13 LAI, art. 27 LAMal).
- Les personnes exerçant une activité lucrative versent 1,4 % de leur revenu à l’AI (art. 3, al. 1, LAI).
Qu’est-ce que l’assurance-invalidité ?
L’assurance-invalidité (AI) est une assurance sociale obligatoire de la Confédération. Elle est liée à l’AVS : quiconque verse des cotisations AVS verse aussi des cotisations AI et est assuré. L’AI doit prévenir, réduire ou éliminer l’invalidité, compenser ses effets économiques et soutenir une vie autonome (art. 1a LAI).
Selon l’art. 8 LPGA, l’invalidité est l’incapacité de gain totale ou partielle qui est présumée permanente ou de longue durée. Elle peut résulter d’une infirmité congénitale, d’une maladie ou d’un accident (art. 4 LAI). Des règles particulières s’appliquent aux enfants et aux personnes qui n’exerçaient pas d’activité lucrative auparavant, par exemple pour le ménage comme domaine d’activité.
L’AI a deux points de contact avec l’assurance-maladie. Premièrement, en cas d’infirmité congénitale, elle prend en charge jusqu’à 20 ans révolus le traitement médical que la caisse-maladie paierait sinon. Deuxièmement, elle est souvent la solution qui prend le relais lorsqu’une maladie dure plus longtemps et que l’indemnité journalière d’une assurance d’indemnités journalières en cas de maladie arrive à son terme.
Comment ça fonctionne
L’AI applique le principe « la réadaptation prime la rente ». Les offices AI cantonaux sont compétents. Après le dépôt de la demande, ils examinent quelles mesures peuvent aider. Les principales prestations :
- Intervention précoce et conseil : mesures pour que tu puisses garder ton emploi ou en trouver rapidement un nouveau.
- Mesures médicales : pour les assurés jusqu’à 20 ans révolus, lorsqu’elles servent directement la réadaptation à l’école, en formation ou dans la profession, ainsi que pour les infirmités congénitales.
- Mesures d’ordre professionnel : orientation professionnelle, formation professionnelle initiale, reclassement et placement.
- Moyens auxiliaires : selon une liste du Conseil fédéral, par exemple pour se déplacer ou établir des contacts avec l’entourage.
- Indemnité journalière : pendant les mesures de réadaptation, si elles t’empêchent de travailler pendant au moins trois jours ou si tu présentes une incapacité de travail d’au moins 50 %.
- Rente : seulement si la réadaptation ne suffit pas.
Pour obtenir une rente, tu dois avoir présenté une incapacité de travail d’au moins 40 % en moyenne pendant une année sans interruption notable, puis rester invalide à 40 % au moins. La rente prend naissance au plus tôt six mois après le dépôt de la demande et au plus tôt le mois qui suit le 18e anniversaire. Son montant dépend du taux d’invalidité :
| Taux d’invalidité | Quotité d’une rente entière |
|---|---|
| moins de 40 % | pas de rente |
| 40 % | 25 % |
| 45 % | 37,5 % |
| 49 % | 47,5 % |
| 50–69 % | correspond au taux d’invalidité |
| dès 70 % | rente entière |
Base légale
La loi fédérale sur l’assurance-invalidité (LAI) règle le but, les prestations et la procédure. L’art. 8 LAI fixe le droit aux mesures de réadaptation, les art. 12 et 13 LAI les mesures médicales jusqu’à 20 ans révolus, l’art. 21 LAI les moyens auxiliaires et l’art. 22 LAI l’indemnité journalière. La rente figure à l’art. 28 LAI (conditions), à l’art. 28b LAI (quotités de la rente) et à l’art. 29 LAI (naissance du droit). L’AI est financée notamment par des cotisations de 1,4 % du revenu de l’activité lucrative (art. 3, al. 1, LAI).
Pour l’interaction avec la caisse-maladie, deux règles sont importantes. Selon l’art. 64, al. 2, LPGA, le traitement est à la charge des assurances dans l’ordre suivant : assurance militaire, assurance-accidents, assurance-invalidité, assurance-maladie. Et selon l’art. 70 LPGA, l’assurance-maladie doit verser à titre préalable les prestations en nature et les indemnités journalières tant que l’assurance compétente n’est pas déterminée. L’art. 27 LAMal précise que l’assurance de base prend en charge les infirmités congénitales qui ne sont pas couvertes par l’AI.
Exemple : de l’indemnité journalière à la rente
Sandro, 48 ans, travaille comme logisticien et est en arrêt de travail complet en raison d’une longue maladie. Son employeuse a conclu une assurance d’indemnités journalières en cas de maladie.
| Moment | Ce qui se passe |
|---|---|
| Mois 1 | incapacité de travail de 100 %, indemnités journalières selon le contrat, traitement payé par la caisse-maladie |
| Mois 2 | demande à l’office AI, intervention précoce avec adaptation du poste de travail |
| Mois 12 | incapacité de travail de plus de 40 % en moyenne sur une année |
| Mois 13 | l’office AI fixe un taux d’invalidité de 45 % |
| Dès le mois 13 | droit à 37,5 % d’une rente entière, car la demande remonte à plus de six mois |
Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?
- T’annoncer tôt : si une incapacité de travail se prolonge, annonce-toi à l’office AI de ton canton. Les six mois jusqu’au début le plus précoce de la rente ne courent qu’à partir du dépôt de la demande.
- Garder l’assurance de base : même avec une rente AI, l’assurance de base reste obligatoire. Tu compares les primes de ton lieu de domicile dans le calculateur de primes.
- Repenser la franchise : en cas de traitements réguliers, une franchise basse revient souvent moins cher. Tu trouves la comparaison des caisses sous Caisses-maladie.
- Vérifier les prestations complémentaires : si la rente ne suffit pas, les prestations complémentaires aident, aussi pour les primes et les frais de maladie.
- Examiner la cause professionnelle : si la maladie est due au travail, il peut s’agir d’une maladie professionnelle ; l’assurance-accidents paie alors le traitement et les indemnités journalières (art. 64 LPGA).
Erreurs fréquentes
- Attendre la fin des indemnités journalières pour s’annoncer. Le délai d’attente de six mois pour la rente commence alors trop tard.
- Confondre l’AI et la caisse-maladie. L’AI remplace le revenu et finance la réadaptation ; la caisse-maladie paie le traitement.
- Considérer la rente comme acquise. En dessous d’un taux d’invalidité de 40 %, il n’y a pas de rente, et l’AI examine d’abord la réadaptation.
- Ne pas annoncer une infirmité congénitale. Les parents doivent annoncer à l’AI un enfant atteint d’une infirmité congénitale, sinon le traitement passe par la caisse-maladie avec participation aux coûts.
Questions fréquentes
L’AI paie-t-elle mes factures médicales ?
Pour les adultes, en règle générale non. Le traitement d’une maladie est payé par la caisse-maladie, celui d’un accident par l’assurance-accidents. L’AI ne prend en charge des mesures médicales qu’en vue de la réadaptation et, en cas d’infirmité congénitale, jusqu’à 20 ans révolus.
Quand devrais-je m’annoncer à l’AI ?
Tôt. La rente prend naissance au plus tôt six mois après le dépôt de la demande (art. 29, al. 1, LAI). Les mesures de réadaptation sont d’autant plus efficaces qu’elles commencent tôt. L’office AI de ton canton de domicile est compétent.
Qui paie tant que l’AI examine le dossier ?
S’il existe des doutes sur l’assurance sociale compétente, l’assurance-maladie doit verser des prestations à titre préalable pour les prestations en nature et les indemnités journalières (art. 70 LPGA). Si tu as une assurance d’indemnités journalières en cas de maladie, elle continue de payer selon ses conditions.
La rente AI suffit-elle pour vivre ?
Pas toujours. Si la rente ne couvre pas les besoins vitaux, tu peux demander des prestations complémentaires. Elles aident aussi pour les frais de maladie que tu dois assumer toi-même.
Termes associés
- Prestations complémentaires (PC)Les prestations complémentaires (PC) sont des prestations sous condition de ressources versées par la Confédération et les cantons aux personnes qui touchent une rente AVS ou AI et dont le revenu ne couvre pas les besoins vitaux. Pour l’assurance de base, elles comprennent un montant forfaitaire versé directement à la caisse-maladie. Le canton rembourse en plus la franchise, la quote-part et d’autres frais de maladie.
- Moyens et appareilsLes moyens et appareils sont des produits médicaux comme des béquilles, du matériel pour l’incontinence ou des inhalateurs, que tu utilises toi-même à la maison. L’assurance de base les rembourse s’ils sont prescrits par un médecin et figurent sur la liste des moyens et appareils (LiMA), au plus jusqu’au montant maximal qui y est fixé. Pour des lunettes d’enfant, c’est au plus CHF 180.67 par an.
- Infirmité congénitaleUne infirmité congénitale est une maladie présente dès la naissance accomplie. Si elle figure sur la liste de la Confédération et remplit les critères légaux, l’assurance-invalidité paie le traitement jusqu’à 20 ans révolus, sans franchise de la caisse-maladie. Ensuite, ou en l’absence de couverture AI, c’est l’assurance de base qui prend le relais.
- Indemnité journalièreUne indemnité journalière est un montant fixe par jour qui remplace ton salaire perdu lorsque tu ne peux pas travailler à cause d’un accident ou d’une maladie. En cas d’accident, l’assurance-accidents paie dès le troisième jour qui suit celui de l’accident 80 % du gain assuré. En cas de maladie, il n’y a pas d’indemnité journalière obligatoire ; il faut pour cela une assurance d’indemnités journalières en cas de maladie.
- Maladie professionnelleUne maladie professionnelle est une maladie due exclusivement ou de manière prépondérante à des substances nocives ou à certains travaux dans l’exercice de la profession. Elle est assimilée à un accident professionnel : l’assurance-accidents selon la LAA paie le traitement et une indemnité journalière de 80 % du gain, sans franchise de la caisse-maladie. Les substances et affections figurent à l’annexe 1 de l’OLAA.
- SurindemnisationIl y a surindemnisation lorsque les prestations de plusieurs assurances sociales dépassent ensemble le gain dont tu es privé à cause d’une maladie ou d’un accident, frais supplémentaires compris. La loi l’interdit : les assureurs réduisent leurs prestations du montant qui dépasse cette limite. Les rentes de l’AVS et de l’AI ne sont jamais réduites.
Sources
- Loi fédérale sur l’assurance-invalidité (LAI), art. 28Art. 28 LAIfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-invalidité (LAI), art. 28b et 29Art. 28b–29 LAIfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-invalidité (LAI), art. 8, 12, 13 et 21Art. 8 LAIfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA), art. 8, 64 et 70Art. 64 LPGAfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 27Art. 27 LAMalfedlex.admin.ch
- OFAS, Assurance-invaliditébsv.admin.ch
