L’essentiel en bref
- Sont réputées infirmités congénitales les maladies présentes à la naissance accomplie (art. 3 al. 2 LPGA).
- L’AI prend en charge les mesures médicales pour les infirmités congénitales jusqu’à 20 ans révolus (art. 13 LAI).
- Les infirmités congénitales couvertes figurent dans la liste de l’ordonnance du DFI concernant les infirmités congénitales (OIC-DFI), en vigueur depuis le 01.01.2022.
- Le droit prend fin à la fin du mois au cours duquel la personne atteint 20 ans (art. 3ter al. 2 RAI).
- L’assurance de base prend en charge les infirmités congénitales sans couverture AI comme une maladie (art. 27 LAMal).
Qu’est-ce qu’une infirmité congénitale ?
Selon l’art. 3 al. 2 LPGA, une infirmité congénitale est une maladie présente à la naissance accomplie. Cela comprend les malformations congénitales, les maladies génétiques et les affections apparues avant ou pendant la naissance. Toute particularité congénitale n’est toutefois pas une infirmité congénitale au sens de l’assurance-invalidité. Pour cela, elle doit figurer sur une liste de la Confédération et remplir certains critères.
La liste figure en annexe de l’ordonnance du Département fédéral de l’intérieur concernant les infirmités congénitales (OIC-DFI). Elle est structurée et numérotée par systèmes d’organes, par exemple le ch. 182 pour le pied bot congénital, le ch. 201 pour la fente labiale, maxillaire ou palatine ou le ch. 313 pour les malformations congénitales du cœur et des vaisseaux, pour autant qu’un traitement ou des contrôles réguliers par un médecin spécialiste soient nécessaires. De nombreux chiffres contiennent de telles conditions.
Pour l’assurance-maladie, la notion est importante, car elle détermine qui paie : jusqu’au 20e anniversaire l’assurance-invalidité, sinon l’assurance de base.
Comment ça fonctionne
L’AI prend en charge les mesures médicales pour le traitement d’une infirmité congénitale si celle-ci remplit cinq critères selon l’art. 13 al. 2 LAI : elle a été diagnostiquée par un médecin spécialiste, elle porte atteinte à la santé, elle présente un certain degré de gravité, elle nécessite un traitement de longue durée ou complexe et elle peut être traitée par des mesures médicales. Pour la trisomie 21, le dernier critère ne s’applique pas.
La marche à suivre :
- Diagnostic : un médecin spécialiste constate l’infirmité congénitale.
- Inscription : les parents annoncent l’enfant à l’office AI de leur canton de domicile.
- Décision : l’AI examine si l’infirmité figure sur la liste et remplit les critères, puis rend une décision formelle.
- Traitement : l’AI prend en charge les coûts du traitement, des médicaments ainsi que des moyens et appareils selon l’art. 14 LAI. La participation aux coûts de la caisse-maladie, avec franchise et quote-part, ne s’applique pas à ce traitement.
- Fin à 20 ans : le droit prend fin à la fin du mois au cours duquel la personne atteint 20 ans. Ensuite, c’est l’assurance de base qui paie.
Tant que l’AI examine encore le cas, la caisse-maladie doit avancer les prestations lorsqu’il n’est pas clair qui est compétent (art. 70 LPGA). Si l’AI refuse parce que l’infirmité ne figure pas sur la liste ou ne remplit pas les critères, l’assurance de base prend en charge le traitement comme en cas de maladie.
Base légale
La définition figure à l’art. 3 al. 2 LPGA. L’art. 13 LAI règle le droit aux mesures médicales jusqu’à 20 ans révolus, l’art. 14 LAI leur étendue. Selon l’art. 14ter al. 1 let. b LAI, le Conseil fédéral désigne les infirmités congénitales ; l’art. 3bis RAI délègue cette tâche au DFI, qui tient la liste dans l’OIC-DFI. L’art. 3ter RAI règle le début et la fin du droit : au plus tôt après la naissance accomplie, jusqu’à la fin du mois du 20e anniversaire.
Pour l’assurance-maladie, l’art. 27 LAMal s’applique : en cas d’infirmité congénitale non couverte par l’AI, l’assurance de base prend en charge les coûts des mêmes prestations qu’en cas de maladie. Elle prend en charge les soins dentaires liés à certaines infirmités congénitales selon l’art. 19a OPAS. L’ordre des assurances pour le traitement figure à l’art. 64 al. 2 LPGA : l’AI passe avant l’assurance-maladie.
Exemple : traitement jusqu’à 20 ans, puis caisse-maladie
Mia naît le 15.03.2026 avec une malformation congénitale qui figure sur la liste de l’OIC-DFI. Ses parents l’annoncent à l’office AI.
| Période | Qui paie le traitement | Participation aux coûts |
|---|---|---|
| de la naissance au 31.03.2046 | Assurance-invalidité | ni franchise ni quote-part |
| dès le 01.04.2046 | Assurance de base | franchise et quote-part |
| autres maladies, en tout temps | Assurance de base | pour les enfants pas de franchise ordinaire, quote-part de 10 % |
Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?
- Inscrire tôt : annonce ton enfant à l’office AI dès que le diagnostic est posé. Sans inscription, les factures passent par la caisse-maladie avec participation aux coûts.
- Conclure l’assurance de base : chaque nouveau-né doit être assuré dans l’assurance de base dans les trois mois suivant la naissance ; la couverture s’applique alors rétroactivement dès la naissance (art. 3 al. 1 et art. 5 al. 1 LAMal), et la caisse doit l’admettre sans réserve. Tu compares les primes dans le calculateur de primes ou dans le calculateur de primes pour enfants.
- Clarifier tôt l’assurance complémentaire : avant l’accouchement, renseigne-toi sur les conditions d’une inscription prénatale. Tu trouves l’aperçu des caisses sous Caisses-maladie.
- Planifier la transition à 20 ans : dès le mois qui suit le 20e anniversaire, la franchise et la quote-part s’appliquent. Réexamine alors le choix de la franchise.
- Vérifier les soins dentaires : pour les anomalies de position des mâchoires, l’AI décide selon les valeurs mesurées de la liste ; plus d’informations sous orthodontie.
Erreurs fréquentes
- N’informer que la caisse-maladie. L’AI ne paie qu’après l’inscription et la décision de l’office AI.
- Considérer que toute particularité congénitale est couverte. L’AI ne paie que les infirmités figurant sur la liste et remplissant les critères de l’art. 13 LAI.
- Oublier le 20e anniversaire. Dès le mois suivant, l’assurance de base paie, avec participation aux coûts.
- Renoncer à l’assurance de base. Même avec une couverture AI, l’enfant a besoin d’une assurance de base pour tous les autres traitements.
Questions fréquentes
Qui paie le traitement d’une infirmité congénitale ?
Jusqu’à 20 ans révolus, l’assurance-invalidité, si l’infirmité figure sur la liste de l’OIC-DFI et remplit les critères de l’art. 13 LAI. Sinon, et ensuite, c’est l’assurance de base qui paie, avec franchise et quote-part.
Dois-je inscrire mon enfant à l’AI ?
Oui. L’AI ne paie que si l’enfant est annoncé à l’office AI du canton de domicile. Le diagnostic médical seul ne suffit pas ; l’AI examine le droit aux prestations et décide.
La caisse-maladie paie-t-elle les soins dentaires en cas d’infirmité congénitale ?
Pour certaines infirmités congénitales, oui. L’art. 19a OPAS les énumère. L’assurance de base paie les soins dentaires lorsqu’ils sont nécessaires après 20 ans ou lorsque l’AI n’est pas compétente auparavant.
Une infirmité congénitale a-t-elle des conséquences sur les assurances complémentaires ?
C’est possible. Les assurances complémentaires relèvent de la LCA ; la caisse peut poser des questions de santé et émettre une réserve. Certaines caisses admettent les enfants sans examen de santé si les parents les inscrivent avant la naissance ; les conditions figurent dans les CGA.
Termes associés
- Assurance-invaliditéL’assurance-invalidité (AI) est l’assurance sociale obligatoire pour les personnes dont la capacité de gain est durablement limitée en raison d’une infirmité congénitale, d’une maladie ou d’un accident. Elle paie d’abord des mesures de réadaptation et des moyens auxiliaires, et seulement ensuite une rente à partir d’un taux d’invalidité de 40 %. Pour les infirmités congénitales, elle prend en charge le traitement avant la caisse-maladie jusqu’à 20 ans.
- AccouchementLes coûts d’un accouchement sont pris en charge par l’assurance de base, à l’hôpital, en maison de naissance ou à domicile. Pour les prestations de maternité, tu ne paies ni franchise ni quote-part, pas plus que pour les traitements dès la 13e semaine de grossesse et jusqu’à 8 semaines après l’accouchement. Tu dois affilier ton bébé à une caisse-maladie dans les 3 mois.
- OrthodontieL’orthodontie corrige les malpositions des dents et des mâchoires, le plus souvent avec un appareil dentaire. L’assurance de base ne la paie que dans des cas exceptionnels : en cas d’infirmité congénitale reconnue, de maladie grave du système de la mastication ou après un accident. Jusqu’à 20 ans, l’AI paie le plus souvent en cas d’infirmité congénitale. Seule une assurance complémentaire couvre un appareil dentaire ordinaire.
- Prime pour enfantLa prime pour enfant est la prime mensuelle de l’assurance de base pour les enfants jusqu’à 18 ans. La loi exige qu’elle soit plus basse que la prime des jeunes adultes et des adultes. À Berne, la médiane 2026 s’élevait à CHF 145.90 par mois avec une franchise de CHF 0, contre CHF 609.30 pour les adultes avec CHF 300 (OFSP).
Sources
- Loi fédérale sur l’assurance-invalidité (LAI), art. 13Art. 13 LAIfedlex.admin.ch
- Règlement sur l’assurance-invalidité (RAI), art. 3bis et 3terArt. 3ter RAIfedlex.admin.ch
- Ordonnance du DFI concernant les infirmités congénitales (OIC-DFI), annexefedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 27Art. 27 LAMalfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 3, 5 et 64Art. 3 al. 1 LAMalfedlex.admin.ch
- OFSP : primes d’assurance-maladie 2026 (opendata.swiss)opendata.swiss
- Ordonnance sur les prestations de l’assurance des soins (OPAS), art. 19aArt. 19a OPASfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA), art. 3 et 64Art. 3 al. 2 LPGAfedlex.admin.ch
