L’essentiel en bref
- L’assurance de base ne paie les conseils nutritionnels que sur prescription médicale et uniquement pour les maladies énumérées à l’art. 9b OPAS.
- Par prescription médicale, elle prend en charge au maximum 6 séances ; la prescription peut être renouvelée.
- Après 12 séances, la poursuite nécessite une proposition motivée adressée au médecin-conseil de la caisse.
- Seuls les diététiciens et les organisations admis selon l’art. 50a ou 52c OAMal peuvent facturer.
- L’assurance de base ne paie pas les conseils de prévention générale en l’absence de maladie.
Qu’est-ce que les conseils nutritionnels ?
Les conseils nutritionnels sont une thérapie dans laquelle une professionnelle formée adapte avec toi ton alimentation à une maladie. Le but n’est pas le bien-être général, mais le traitement d’une affection concrète : abaisser la glycémie, corriger des carences, réduire le poids en cas d’obésité ou éviter les allergènes au quotidien. Ils comprennent en règle générale une évaluation de tes habitudes alimentaires, des adaptations concrètes et des rendez-vous de suivi.
Dans l’assurance-maladie, on distingue deux cas. Les conseils nutritionnels en tant que prestation de l’assurance de base : ils sont prescrits par une ou un médecin, concernent une maladie figurant sur une liste fixe et sont dispensés par une diététicienne admise. L’assurance de base paie alors, sous déduction de ta participation aux coûts. Les conseils nutritionnels sans ces conditions : par exemple des conseils de prévention, de nutrition sportive ou de perte de poids sans caractère de maladie. Tu les paies toi-même, ou une assurance complémentaire en prend une partie en charge selon ses conditions.
En Suisse, diététicienne est une profession de la santé réglementée. Celle qui l’exerce à titre indépendant a besoin d’une autorisation cantonale et d’un Bachelor of Science HES en nutrition et diététique ou d’un diplôme équivalent. Pour facturer à la charge de l’assurance de base, une admission selon l’ordonnance sur l’assurance-maladie s’y ajoute. Le titre professionnel se distingue ainsi clairement d’offres comme le « coaching nutritionnel », qui ne supposent pas une telle formation.
Les conseils nutritionnels font partie des prestations que des professionnels fournissent sur prescription médicale, comme la physiothérapie ou l’ergothérapie. Ils figurent dans l’ordonnance sur les prestations de l’assurance des soins (OPAS).
Comment ça fonctionne
Quelles maladies ?
L’assurance de base paie les conseils nutritionnels pour les maladies suivantes (art. 9b al. 1 OPAS) :
- maladies métaboliques
- obésité avec un indice de masse corporelle (IMC) de 30 ou plus, ainsi que surpoids dès un IMC de 25 lorsqu’il existe une maladie associée qui peut être influencée favorablement par une perte de poids
- obésité et surpoids chez les enfants et les adolescents dans le cadre d’une thérapie structurée et multiprofessionnelle selon l’annexe 1 de l’OPAS
- maladies cardio-vasculaires
- maladies du système digestif
- maladies rénales
- états de malnutrition ou de dénutrition
- allergies alimentaires et réactions allergiques à certains composants alimentaires
Déroulement
- Prescription médicale : ta médecin constate que tu souffres de l’une de ces maladies et prescrit des conseils nutritionnels.
- Choisir un professionnel admis : les conseils doivent être dispensés par une diététicienne admise selon l’OAMal ou par une organisation de conseils nutritionnels admise. Renseigne-toi avant le premier rendez-vous.
- Jusqu’à 6 séances par prescription : l’assurance de base prend en charge au maximum six séances prescrites. S’il en faut davantage, la médecin peut renouveler la prescription.
- Médecin-conseil dès 12 séances : si les conseils doivent se poursuivre après douze séances, la médecin traitante envoie une proposition motivée au médecin-conseil de la caisse. Celui-ci recommande à la caisse si et pour quelle durée elle continue de payer.
Coûts
Les conseils nutritionnels sont facturés comme toute autre prestation de l’assurance de base : les coûts sont imputés sur ta franchise, puis tu paies une quote-part de 10 % jusqu’à CHF 700 au maximum par an (enfants : CHF 350). La facturation se fait selon le tarif convenu ; des suppléments au-delà ne sont pas autorisés en raison de la protection tarifaire.
Conseils aux diabétiques
En cas de diabète, il existe en plus les conseils aux diabétiques dispensés par des infirmières spécialisées ou des centres de conseil en diabétologie, avec au maximum dix séances par prescription médicale. Dans les centres de conseil de l’Association Suisse du Diabète, des diététiciennes peuvent aussi assurer les conseils nutritionnels en cas de maladies métaboliques.
Base légale
- Art. 25 al. 2 let. a ch. 3 LAMal : l’assurance de base prend en charge les examens et traitements dispensés par des personnes fournissant des prestations sur prescription ou sur mandat médical.
- Art. 9b OPAS : liste des maladies (al. 1), au maximum six séances par prescription avec possibilité de renouvellement (al. 2), proposition au médecin-conseil après douze séances (al. 3).
- Art. 9c OPAS : conseils aux diabétiques avec au maximum dix séances par prescription ; conseils nutritionnels dans les centres de conseil en diabétologie (al. 4).
- Art. 50a OAMal : admission des diététiciens : autorisation cantonale selon la loi sur les professions de la santé, deux ans d’activité pratique sous supervision, exercice indépendant de la profession et exigences de qualité.
- Art. 52c OAMal : admission des organisations de conseils nutritionnels.
- Art. 12 al. 2 let. e LPSan : l’autorisation de pratiquer requiert un Bachelor of Science HES en nutrition et diététique.
- Art. 64 LAMal : participation aux coûts avec franchise et quote-part.
Exemple : deux prescriptions la même année
Nadia a 47 ans, une franchise de CHF 300 et a déjà eu cette année CHF 300 de frais médicaux ; sa franchise est donc épuisée. Son médecin de famille prescrit des conseils nutritionnels en raison d’une maladie figurant sur la liste de l’art. 9b OPAS. Le montant par séance est une hypothèse servant au calcul ; les coûts effectifs dépendent du tarif et de la durée.
| Étape | Séances | Facture (hypothèse CHF 100 par séance) | La caisse paie | Nadia paie (10 %) |
|---|---|---|---|---|
| 1re prescription | 6 | CHF 600 | CHF 540 | CHF 60 |
| 2e prescription (renouvelée) | 6 | CHF 600 | CHF 540 | CHF 60 |
| Poursuite dès la 13e séance | seulement après examen par le médecin-conseil | – | – | – |
Si Nadia n’avait pas de prescription médicale ou pas de maladie figurant sur la liste, elle devrait payer elle-même la totalité des conseils. Elle ne peut pas envoyer à l’assurance de base les factures d’une diététicienne non admise selon la LAMal.
Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?
- En parler avec ta médecin. Demande si ta situation relève des maladies de l’OPAS et fais-toi établir une prescription.
- Vérifier l’admission. Avant le premier rendez-vous, demande à la diététicienne si elle peut facturer à la charge de l’assurance de base.
- Compter les séances. Après six séances, il faut une nouvelle prescription, après douze l’examen par le médecin-conseil.
- Penser à la franchise. Avec une franchise élevée, tu paies le cas échéant toi-même la totalité des premières séances. Si une thérapie plus longue est prévue l’année prochaine, il vaut la peine de regarder ta franchise ; tu annonces une franchise plus basse au plus tard le 30 novembre, les dates figurent sous Délais.
- Vérifier l’assurance complémentaire. Pour des conseils de prévention sans maladie, une assurance complémentaire peut verser une contribution selon ses conditions.
Les prestations de l’assurance de base sont les mêmes dans toutes les caisses. Ce qui diffère, ce sont les primes, que tu compares dans le calculateur de primes, et les offres des caisses, dont tu trouves les données de base sous Caisses-maladie.
Erreurs fréquentes
- Commencer sans prescription médicale. L’assurance de base ne paie alors pas, même si une maladie correspondante existe.
- Choisir un professionnel non admis selon la LAMal. Des titres comme « coach en nutrition » ne suffisent pas pour facturer à la charge de l’assurance de base.
- Négliger la limite de six séances. Dès la septième séance, une nouvelle prescription est nécessaire.
- Attendre une prise en charge pour des conseils de prévention. L’assurance de base ne paie que pour les maladies de l’art. 9b OPAS.
Nous expliquons comment nous construisons nos exemples sous Notre méthode de calcul.
Questions fréquentes
La caisse-maladie paie-t-elle des conseils nutritionnels ?
Oui, l’assurance de base les paie lorsqu’une ou un médecin les prescrit et qu’il s’agit d’une maladie figurant sur la liste de l’art. 9b OPAS, par exemple une maladie métabolique, une obésité ou une allergie alimentaire. Tu supportes la franchise et la quote-part.
Combien de séances l’assurance de base paie-t-elle ?
Au maximum 6 séances par prescription médicale. La ou le médecin peut renouveler la prescription. Si les conseils doivent se poursuivre après 12 séances, une proposition motivée doit être envoyée au médecin-conseil de la caisse.
Ai-je besoin d’une ordonnance pour des conseils nutritionnels ?
Pour un remboursement par l’assurance de base, il te faut une prescription médicale. Sans prescription, tu peux consulter une diététicienne, mais tu paies toi-même ou par une assurance complémentaire.
La caisse paie-t-elle des conseils nutritionnels pour maigrir ?
Seulement en cas d’obésité avec un IMC de 30 ou plus, ou de surpoids dès un IMC de 25 avec une maladie associée qui peut être améliorée par une perte de poids. Les conseils pour atteindre un poids souhaité sans caractère de maladie ne font pas partie de l’assurance de base.
Termes associés
- Injection amaigrissanteL’injection amaigrissante est un médicament comme Wegovy ou Mounjaro que tu t’injectes une fois par semaine pour perdre du poids. L’assurance de base ne la paie qu’avec une garantie de prise en charge : dès un IMC de 35, ou de 28 avec une maladie associée, avec régime et conseils nutritionnels, sur prescription de spécialistes ou de centres de l’obésité, et pendant trois ans au plus.
- PréventionDans l’assurance-maladie, la prévention désigne les mesures qui empêchent des maladies ou les détectent tôt, avant que tu aies des symptômes. L’assurance de base ne paie que les mesures énumérées dans l’OPAS, par exemple des vaccinations, jusqu’à 8 examens de prévention chez les jeunes enfants ou, dès 50 ans, le dépistage du cancer du côlon. Elle ne paie pas les bilans de santé généraux sans motif.
- OPASL’OPAS, l’ordonnance sur les prestations de l’assurance des soins, fixe les prestations que l’assurance de base prend en charge, à quelles conditions et jusqu’à quel montant. Elle est édictée par le Département fédéral de l’intérieur. Elle prévoit par exemple que la caisse paie 50 % des frais de sauvetage en Suisse, au plus CHF 5 000 par an.
- Thérapeutes reconnusLes thérapeutes reconnus sont des thérapeutes dont une caisse-maladie paie les prestations. Dans l’assurance de base, ce sont des professionnels admis selon l’OAMal qui travaillent sur prescription médicale, par exemple en physiothérapie avec jusqu’à 9 séances par prescription. Pour la naturopathie et les massages, c’est ton assurance complémentaire qui décide, avec sa propre liste.
Sources
- Ordonnance du DFI sur les prestations de l’assurance des soins (OPAS), art. 9bArt. 9b OPASfedlex.admin.ch
- Ordonnance sur l’assurance-maladie (OAMal), art. 50aArt. 50a OAMalfedlex.admin.ch
- Ordonnance sur l’assurance-maladie (OAMal), art. 52cArt. 52c OAMalfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 25Art. 25 LAMalfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 64Art. 64 LAMalfedlex.admin.ch
- Ordonnance du DFI sur les prestations de l’assurance des soins (OPAS), art. 9cArt. 9c OPASfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur les professions de la santé (LPSan), art. 12Art. 12 LPSanfedlex.admin.ch
