L’essentiel en bref
- Dans l’assurance de base, chaque caisse doit t’accepter sans réserve (art. 5, let. i, LSAMal).
- Dans les assurances complémentaires, la caisse peut exclure par une réserve des maladies existantes ou antérieures ; la durée et l’étendue figurent dans le contrat.
- Dans l’assurance d’indemnités journalières selon la LAMal, une réserve devient caduque au plus tard après 5 ans et doit être communiquée par écrit avec la maladie, le début et la fin (art. 69 LAMal).
- Si tu tais un fait important dans le questionnaire de santé, la caisse peut résilier le contrat dans les 4 semaines après en avoir eu connaissance (art. 6 LCA).
Qu’est-ce qu’une réserve ?
Une réserve est une clause de ton contrat d’assurance par laquelle la caisse exclut de la couverture un risque de santé déterminé. Tu es bien assuré, mais l’assurance ne paie rien pour la maladie mentionnée, ses suites ou une région précise du corps. Les réserves typiques portent sur des problèmes de dos, les genoux, des allergies ou une opération antérieure.
Les réserves n’existent que là où la caisse aurait le droit de te refuser. C’est le cas dans l’assurance complémentaire, soumise à la loi sur le contrat d’assurance (LCA). Au lieu de te refuser complètement, la caisse te propose le contrat avec une restriction. Les réserves sont aussi admises dans l’assurance facultative d’indemnités journalières selon la LAMal, mais avec une durée maximale fixée par la loi.
Dans l’assurance de base, il n’y a pas de réserves. Chaque caisse doit accepter toute personne soumise à l’obligation de s’assurer sur son rayon d’activité, quels que soient son âge et son état de santé. Elle ne pose pas de questions de santé et ne peut exclure aucune maladie.
Comment ça fonctionne
Lorsque tu demandes une assurance complémentaire, tu remplis un questionnaire de santé. La caisse examine tes réponses, puis décide de l’une de trois manières :
- Admission sans restriction. Tu es assuré pour toutes les prestations du produit.
- Admission avec réserve. La caisse exclut une ou plusieurs maladies, pour une durée limitée ou illimitée. La clause figure dans la police.
- Refus. La caisse n’est pas obligée de t’accepter dans l’assurance complémentaire.
Une réserve ne s’applique qu’à ce qu’elle mentionne. Si tu as une réserve pour le genou gauche et que tu te casses le bras, l’assurance complémentaire paie normalement. Les traitements de l’affection réservée sont à ta charge ou, s’ils sont couverts, à la charge de l’assurance de base. La réserve ne concerne donc que les prestations complémentaires, par exemple la division semi-privée à l’hôpital ou les prestations ambulatoires complémentaires.
Dans l’assurance d’indemnités journalières selon la LAMal, les règles sont plus strictes : la réserve devient caduque au plus tard après 5 ans et n’est valable que si la caisse la communique par écrit en indiquant précisément la maladie ainsi que le début et la fin. Si tu changes de caisse en raison d’un changement d’emploi, la nouvelle caisse ne peut pas émettre de nouvelles réserves.
Base légale
Pour l’assurance de base, l’art. 5, let. i, LSAMal exige qu’un assureur accepte, dans son rayon d’activité territorial, toute personne tenue de s’assurer. Pour l’assurance d’indemnités journalières selon la LAMal, l’art. 69, al. 1, LAMal autorise des réserves pour les maladies existantes et pour les maladies antérieures susceptibles de récidive ; l’al. 2 les limite à 5 ans au maximum, l’al. 3 exige la communication écrite avec la maladie, le début et la fin. L’art. 70, al. 1, LAMal interdit de nouvelles réserves en cas de changement pour certains motifs, par exemple en raison des rapports de travail.
Pour les assurances complémentaires, la LCA ne contient pas de règle propre sur les réserves ; celles-ci font partie du contrat. L’art. 4 LCA t’oblige à répondre conformément à la vérité aux questions de la proposition. L’art. 6 LCA permet à la caisse, en cas de violation de cette obligation, de résilier le contrat dans les 4 semaines après en avoir eu connaissance. Selon l’art. 35a, al. 4, LCA, le droit de résiliation ordinaire dans l’assurance complémentaire maladie n’appartient qu’à toi, pas à la caisse. Un contrat conclu sans réserve reste donc en vigueur, même si tu tombes malade plus tard.
Exemple : complémentaire d’hospitalisation avec réserve sur le genou
Nina, 38 ans, demande une assurance complémentaire d’hospitalisation en division semi-privée. Dans le questionnaire, elle indique avoir été opérée du genou droit il y a deux ans. La caisse l’accepte, avec une réserve illimitée pour le genou droit.
| Événement deux ans plus tard | Assurance de base | Complémentaire d’hospitalisation semi-privée |
|---|---|---|
| Nouvelle opération du genou droit | paie la division commune | ne paie rien (réserve) |
| Opération du genou gauche | paie la division commune | paie la division semi-privée selon le contrat |
| Opération de l’appendicite | paie la division commune | paie la division semi-privée selon le contrat |
Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?
- Réponds au questionnaire de santé de manière complète. Une réserve vaut presque toujours mieux qu’un contrat qui tombe plus tard pour cause de réticence.
- Lis attentivement la clause de réserve. Mentionne-t-elle un diagnostic, une région du corps ou « les suites de » ? Est-elle limitée dans le temps ? Pose la question si la formulation n’est pas claire.
- Ne résilie pas trop vite une assurance complémentaire existante. Un ancien contrat sans réserve vaut souvent plus qu’un nouveau avec réserve. Tu peux changer l’assurance de base et l’assurance complémentaire séparément.
- Compare librement l’assurance de base. Comme il n’y a pas de réserves, tu peux choisir n’importe quelle caisse. Le calculateur de primes affiche les primes, les informations sur les assureurs figurent sous Caisses-maladie. Tu trouves les délais de changement sous Délais.
Erreurs fréquentes
- Croire que l’assurance de base peut aussi émettre des réserves. Elle n’en a pas le droit. Chaque caisse doit t’accepter.
- Taire des maladies pour éviter une réserve. Cela peut coûter tout le contrat.
- Résilier les deux assurances en même temps. Qui abandonne son assurance complémentaire avant que la nouvelle soit confirmée risque des réserves ou un refus.
- Oublier la réserve. Pour un traitement de l’affection réservée, seule l’assurance de base paie. Prévois les coûts en conséquence.
Nous expliquons sous Notre méthode de calcul comment nous comparons les assurances complémentaires.
Questions fréquentes
La caisse-maladie peut-elle émettre une réserve dans l’assurance de base ?
Non. Chaque caisse doit t’accepter dans l’assurance de base sur son rayon d’activité, sans questionnaire de santé et sans réserve. C’est aussi le cas si tu es gravement malade.
Combien de temps une réserve dure-t-elle dans l’assurance complémentaire ?
C’est le contrat qui le fixe. Certaines réserves sont limitées dans le temps, d’autres s’appliquent sans fin. La durée légale maximale de 5 ans ne vaut que pour l’assurance d’indemnités journalières selon la LAMal.
Puis-je faire lever une réserve ?
Tu peux demander à la caisse de réexaminer la réserve, par exemple avec un rapport médical qui atteste la guérison. Dans l’assurance complémentaire, tu n’y as droit que si le contrat le prévoit ; dans l’assurance d’indemnités journalières LAMal, tu peux prouver avant l’échéance qu’elle n’est plus justifiée.
Que se passe-t-il si je tais une maladie dans la proposition d’assurance ?
C’est une réticence. La caisse peut résilier le contrat dans les 4 semaines après l’avoir appris et refuser ses prestations pour les sinistres liés au fait passé sous silence.
Termes associés
- Questionnaire de santéLe questionnaire de santé regroupe les questions sur les maladies, les traitements et les troubles qu’une caisse-maladie pose dans la proposition d’assurance complémentaire. Tu dois y répondre de manière complète et véridique (art. 4 LCA). L’assurance de base ne connaît pas de questionnaire de santé : chaque caisse doit t’y accepter sans examen.
- RéticenceIl y a réticence lorsque, dans la proposition d’une assurance complémentaire, tu réponds de manière inexacte à une question sur ta santé ou que tu tais un fait important. La caisse peut alors résilier le contrat dans les 4 semaines après en avoir eu connaissance et refuser ses prestations pour les cas concernés (art. 6 LCA). L’assurance de base n’est jamais touchée.
- Assurance complémentaireUne assurance complémentaire est une assurance-maladie facultative qui paie des prestations au-delà de l’assurance de base, par exemple la division semi-privée à l’hôpital, les médecines complémentaires, les lunettes ou les soins dentaires. Elle est soumise à la loi sur le contrat d’assurance (LCA) : l’assureur peut poser des questions de santé, émettre des réserves et refuser des propositions. Les prestations et les primes figurent dans les conditions contractuelles et varient selon le produit.
- LCA (loi sur le contrat d’assurance)La LCA est la loi fédérale du 2 avril 1908 sur le contrat d’assurance. Dans l’assurance-maladie, elle régit toutes les assurances complémentaires, par exemple la division semi-privée à l’hôpital, les soins dentaires ou les médecines complémentaires. Contrairement à l’assurance de base selon la LAMal, l’assureur peut poser des questions de santé, émettre des réserves et refuser une proposition.
- Délai de carenceUn délai de carence est une période d’attente après le début du contrat, pendant laquelle une assurance complémentaire ne paie pas encore certaines prestations, alors que tu paies déjà la prime. Il figure dans le contrat, pas dans la loi ; sa durée et les prestations concernées sont réglées par les conditions d’assurance. L’assurance de base ne connaît pas de délai de carence : elle couvre dès le premier jour.
- Proposition d’assuranceLa proposition d’assurance est ta déclaration écrite à une caisse indiquant que tu veux conclure une assurance complémentaire. C’est avec elle que tu réponds au questionnaire de santé. Tu es lié par ta proposition pendant 14 jours, pendant quatre semaines en cas d’examen médical, et tu peux la révoquer dans les 14 jours.
Sources
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 69Art. 69 LAMalfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 70Art. 70 LAMalfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur la surveillance de l’assurance-maladie sociale (LSAMal), art. 5Art. 5, let. i, LSAMalfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur le contrat d’assurance (LCA), art. 4Art. 4 LCAfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur le contrat d’assurance (LCA), art. 6Art. 6 LCAfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur le contrat d’assurance (LCA), art. 35aArt. 35a LCAfedlex.admin.ch
