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Assurance complémentaire pour enfant : laquelle vaut la peine ?

Quelles lacunes l’assurance de base laisse chez les enfants, quels modules d’une assurance complémentaire les comblent et comment mettre en balance la prime et les prestations.

Cette page est une traduction ; la version allemande fait foi. Version originale : Deutsch

Réponse courte

L’assurance de base couvre chez les enfants tous les traitements médicalement nécessaires, avec au maximum CHF 350 de quote-part par an. Une assurance complémentaire est surtout utile pour les corrections dentaires, les lunettes au-delà de CHF 180.67, le confort à l’hôpital et les traitements à l’étranger. Si tu en veux une, demande-la de préférence avant la naissance, car après, la caisse peut poser des questions de santé et refuser.

Illustration : un petit parapluie appuyé contre un grand parapluie dans le porte-parapluies d’un couloir d’entrée

L’essentiel en bref

  1. Dans l’assurance de base, les enfants ne paient pas de franchise ordinaire, au maximum CHF 350 de quote-part et aucune contribution aux frais de séjour hospitalier (art. 64 al. 4 LAMal, art. 103 et 104 OAMal).
  2. Les assurances complémentaires relèvent de la LCA : la caisse peut poser des questions de santé, refuser ou émettre une réserve (art. 4 LCA).
  3. Aucune assurance complémentaire ne peut prendre en charge la franchise et la quote-part de l’assurance de base (art. 64 al. 8 LAMal).
  4. Seul le preneur d’assurance peut résilier ordinairement une assurance complémentaire maladie, pas la caisse (art. 35a al. 4 LCA).
  5. L’assurance de base et l’assurance complémentaire peuvent être auprès de caisses différentes ; un changement d’assurance de base n’est pas un motif de résiliation de l’assurance complémentaire (art. 7 al. 7 et 8 LAMal).

Ce que l’assurance de base paie déjà pour ton enfant

Avant de conclure une assurance complémentaire pour ton enfant, il vaut la peine de regarder l’assurance de base. Elle paie tous les traitements médicalement nécessaires en cas de maladie et, si elle est incluse, en cas d’accident : pédiatre, hôpital en division commune, médicaments de la liste des spécialités, thérapies sur prescription. Chaque caisse doit accepter ton enfant, sans questions de santé (art. 5 let. i LSAMal).

Pour les enfants, la participation aux coûts est faible :

  • Franchise : pas de franchise ordinaire ; on peut choisir entre CHF 100 et CHF 600 (art. 64 al. 4 LAMal, art. 93 OAMal).
  • Quote-part : 10 %, au maximum CHF 350 par an (art. 103 al. 2 OAMal).
  • Contribution aux frais de séjour hospitalier : aucune (art. 104 al. 2 let. a OAMal).
  • Infirmités congénitales : pour les infirmités congénitales reconnues, l’assurance-invalidité paie les mesures médicales jusqu’à l’âge de 20 ans révolus (art. 13 LAI).

Les lacunes se trouvent ailleurs : dans les prestations que l’assurance de base ne paie pas du tout ou seulement avec une contribution fixe.

DomaineAssurance de baseCe qu’une assurance complémentaire règle typiquement
Dentiste, appareil dentaireseulement en cas de maladies graves, d’infirmités congénitales ou d’accident (art. 31 LAMal)contributions aux contrôles, aux obturations et à l’orthodontie
Lunettes, lentilles de contactjusqu’à 18 ans, au maximum CHF 180.67 par an (LiMA)contributions au-delà de ce montant
Hôpitaldivision commune dans un hôpital répertoriéchambre à deux lits ou chambre individuelle, libre choix du médecin, nuitée d’un parent
Urgence à l’étrangerau maximum le double du tarif suisse (art. 36 al. 4 OAMal)couverture de la différence, rapatriement
Médecines complémentairesseulement les méthodes médicales selon l’OPAScontributions aux thérapeutes non médecins
Prévention, coursseulement les prestations de l’OPAScontributions aux cours de natation, au fitness, aux vaccins de voyage, selon le produit

Ce qu’un produit paie exactement figure dans ses conditions générales d’assurance (CGA). Le tableau montre les thèmes que ces contrats règlent, pas ce que paie une caisse déterminée. Les CGA et les renseignements de la caisse font foi.

Quelle assurance complémentaire vaut la peine pour un enfant ? Les modules

Une assurance complémentaire pour enfant se compose généralement de modules que tu combines. La question n’est pas de savoir s’ils paient quelque chose, mais si les prestations attendues dépassent la prime au fil des années et si tu pourrais sinon assumer les coûts toi-même.

  • Assurance dentaire. L’assurance de base ne paie les corrections dentaires que dans des cas exceptionnels. Les assurances dentaires peuvent prévoir des délais d’attente et demander l’état des dents. Détails dans l’article Assurance dentaire pour enfants.
  • Assurance complémentaire des soins ambulatoires. Elle regroupe des contributions aux lunettes, aux médecines complémentaires, aux transports et à la prévention. Ici, tu mets la prime en regard de la prestation que tu attends (exemple ci-dessous).
  • Assurance complémentaire d’hospitalisation. Selon le niveau, elle paie la chambre à deux lits ou la chambre individuelle et le libre choix du médecin à l’hôpital. L’assurance de base paie de toute façon les traitements médicalement nécessaires.
  • Couverture voyage et étranger. L’assurance de base paie les urgences à l’étranger au maximum jusqu’au double du tarif suisse (art. 36 al. 4 OAMal). Dans les pays où les prix hospitaliers sont élevés, une lacune subsiste.

Tu trouves une vue d’ensemble de tous les types d’assurances complémentaires sur la page Assurances complémentaires.

Pas à pas vers l’assurance complémentaire pour enfant

  1. Déterminer les lacunes. Quels coûts du tableau ci-dessus ne pourrais-tu pas assumer toi-même ? Pour ceux-là, il te faut un module ; pour le reste, pas forcément.
  2. Se renseigner avant la naissance. Demande à deux ou trois caisses si elles acceptent les enfants avant la naissance sans questionnaire de santé, jusqu’à quand la proposition doit leur parvenir et quels produits sont concernés. Le mot-clé est l’inscription prénatale ; il n’existe aucune règle légale à ce sujet.
  3. Comparer des offres avec les mêmes modules. Avant la conclusion du contrat, la caisse doit t’informer sur les risques assurés, l’étendue de la couverture, les primes, la durée et la fin du contrat (art. 3 LCA). Compare les plafonds de prestations, les participations et les délais d’attente.
  4. Répondre complètement aux questions de santé. Tu dois déclarer tous les faits importants demandés que tu connais ou dois connaître (art. 4 LCA). Demande une copie de tes réponses.
  5. Connaître le délai de révocation. Tu peux révoquer ta proposition par écrit dans les 14 jours (art. 2a LCA).
  6. Choisir l’assurance de base séparément. Tu compares l’assurance de base de ton enfant dans le calculateur de primes ; elle ne doit pas forcément être auprès de la même caisse.

Les règles juridiques de l’assurance complémentaire

Pas d’obligation d’admission. Les assurances complémentaires relèvent de la loi sur le contrat d’assurance (LCA), pas de la LAMal. La caisse peut refuser une proposition ou l’accepter avec une réserve qui exclut certaines maladies de la couverture. Une réserve peut être limitée dans le temps ou illimitée ; c’est le contrat qui le règle.

Obligation de déclarer. Si tu réponds de manière inexacte à une question sur un fait important ou si tu passes ce fait sous silence, la caisse peut résilier le contrat dans les quatre semaines après en avoir eu connaissance (art. 6 LCA). Pour les cas liés au fait omis, la caisse n’est alors plus tenue de verser des prestations.

Résiliation. Dans l’assurance complémentaire maladie, seul le preneur d’assurance peut résilier ordinairement (art. 35a al. 4 LCA) ; pour un enfant, ce sont en général les parents. La loi permet la résiliation pour la fin de la troisième année ou de chaque année suivante, moyennant un préavis de trois mois (art. 35a al. 1 LCA) ; le contrat peut permettre une résiliation plus tôt (art. 35a al. 2 LCA).

Séparée de l’assurance de base. Si tu changes l’assurance de base de ton enfant, l’ancienne caisse ne peut ni exiger que tu résilies l’assurance complémentaire, ni la résilier elle-même pour ce motif (art. 7 al. 7 et 8 LAMal).

Pas d’assurance de la participation aux coûts. Aucune assurance complémentaire ne peut prendre en charge la franchise et la quote-part de l’assurance de base (art. 64 al. 8 LAMal).

Exemple de calcul : prime contre prestation

Exemple avec des personnes fictives. Jonas a 9 ans et a besoin de nouvelles lunettes pour CHF 400 (supposé). Ses parents se demandent si une assurance complémentaire des soins ambulatoires vaut la peine. Le produit est un exemple de contrat : prime de CHF 12 par mois, contribution de 90 % aux frais de lunettes au-delà de la contribution de l’assurance de base, au maximum CHF 150 par an. Les valeurs de l’assurance de base sont les valeurs légales ; Jonas a une franchise de CHF 0.

Étapesans assurance complémentaireavec assurance complémentaire (exemple de contrat)
Facture lunettesCHF 400.00CHF 400.00
Contribution de l’assurance de base (montant maximal LiMA)CHF 180.67CHF 180.67
dont quote-part de 10 %− CHF 18.07− CHF 18.07
Versement de l’assurance de baseCHF 162.60CHF 162.60
Contribution de l’assurance complémentaire : 90 % de CHF 219.33, plafonnée–CHF 150.00
Part propre sur la factureCHF 237.40CHF 87.40
Prime annuelle de l’assurance complémentaire–CHF 144.00
Coûts des parents sur l’annéeCHF 237.40CHF 231.40

Tu fais le même calcul pour chaque module : prestations attendues par an contre prime par an. Pour les corrections dentaires et les séjours hospitaliers, la comparaison aide moins, car les coûts sont rares mais élevés. La question est plutôt de savoir si tu pourrais assumer le montant toi-même en cas de besoin.

Dans l’assurance de base, la comparaison est clairement mesurable : primes pour enfants 2026, commune de Zurich (région 1), année de naissance 2026, franchise CHF 0, avec accidents : de CHF 120.30 à CHF 185.70 par mois pour les mêmes prestations (source OFSP). Ce que tu y économises peut financer un module complémentaire.

Cas particuliers

L’enfant est déjà né

Après la naissance, la caisse peut poser des questions de santé sur l’enfant. Selon les réponses, elle accepte l’enfant sans réserve, émet une réserve ou refuse. Un autre assureur peut décider autrement. L’assurance de base n’est pas concernée : elle doit accepter chaque enfant.

Infirmités congénitales

Si un enfant naît avec une infirmité congénitale reconnue, l’assurance-invalidité paie les mesures médicales jusqu’à l’âge de 20 ans révolus. Pour une assurance complémentaire, une telle infirmité est souvent un motif de réserve. L’article Infirmités congénitales et AI explique comment l’AI et la caisse-maladie se partagent les coûts.

Plusieurs enfants et rabais familiaux

Dans l’assurance de base, la loi ne prescrit pas de rabais familial, mais plusieurs enfants d’une même famille assurés auprès de la même caisse paient ensemble au maximum la participation aux coûts d’un adulte (art. 64 al. 4 LAMal). Dans l’assurance complémentaire, certaines caisses accordent des rabais familiaux ; leur montant et leurs conditions figurent dans les CGA. L’article Économiser sur les primes pour enfants explique comment réduire les primes pour enfants dans leur ensemble.

L’enfant devient adulte

À partir d’un certain âge, un produit pour enfants peut être transformé en produit pour adultes, avec une autre prime. Les CGA indiquent à partir de quel âge et à quelles conditions. Pose la question lors de la conclusion, car un contrat existant peut se poursuivre sans nouvel examen de santé, alors qu’un nouveau contrat en exige un.

Erreurs fréquentes

  • Ne penser à l’assurance complémentaire qu’après la naissance. Ensuite, la caisse peut poser des questions de santé et refuser.
  • Assurer tout ce qui est proposé. Un module ne vaut la peine que si les prestations attendues dépassent la prime ou si tu ne pourrais pas assumer les coûts autrement.
  • Comparer des offres avec des modules différents. Ne compare que des offres de même étendue, avec les mêmes plafonds de prestations et délais d’attente.
  • Répondre de manière imprécise aux questions de santé. Une réponse inexacte peut autoriser la caisse à résilier le contrat et à refuser des prestations.
  • Regrouper à tout prix assurance de base et assurance complémentaire. L’assurance de base la moins chère et l’assurance complémentaire adaptée peuvent se trouver auprès de caisses différentes.

Tu trouves les chiffres clés et les moyens de contact des caisses dans les fiches des caisses-maladie. Si tu veux discuter personnellement d’offres d’assurances complémentaires, tu peux faire une demande ; ce n’est pas nécessaire. L’article Naissance : coûts et qui paie explique ce qui s’applique à l’hôpital et au post-partum ; tous les thèmes pour les parents se trouvent dans l’univers thématique Famille et enfants.

Questions fréquentes

Mon enfant a-t-il besoin d’une assurance complémentaire ?

Pas pour les soins médicaux : l’assurance de base paie tous les traitements médicalement nécessaires. Une assurance complémentaire couvre surtout des prestations que l’assurance de base ne paie pas ou seulement en partie, par exemple les corrections dentaires, les lunettes au-delà de la contribution légale ou une chambre à deux lits. Que cela vaille la peine pour ta famille dépend de la prime, des prestations et de ton budget.

À partir de quand puis-je assurer mon enfant en complémentaire ?

Certaines caisses acceptent les propositions dès avant la naissance. Chaque caisse règle dans ses conditions d’admission si l’affiliation se fait alors sans questions de santé et jusqu’à quand la proposition doit lui parvenir. Après la naissance, la caisse peut poser des questions de santé sur l’enfant.

Combien coûte une assurance complémentaire pour un enfant ?

Il n’existe pas de données publiques sur les primes des assurances complémentaires comme dans l’assurance de base. La prime dépend du produit, de l’âge, de la région et de la participation ; seule l’offre de la caisse fait foi. Compare plusieurs offres avec les mêmes modules.

L’assurance complémentaire doit-elle être auprès de la même caisse que l’assurance de base ?

Non. L’assurance de base et l’assurance complémentaire sont des contrats séparés. Certaines caisses ne vendent toutefois leurs assurances complémentaires qu’avec leur assurance de base ; renseigne-toi avant la proposition.

La caisse peut-elle résilier l’assurance complémentaire de mon enfant ?

Pas de manière ordinaire : dans l’assurance complémentaire maladie, le droit de résiliation ordinaire appartient uniquement au preneur d’assurance, en général les parents (art. 35a al. 4 LCA). Si quelqu’un a répondu de manière inexacte à une question de santé, la caisse peut toutefois résilier le contrat selon l’art. 6 LCA.

Sources

  1. Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 64Art. 64 al. 4 et 8 LAMalfedlex.admin.ch
  2. Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 7Art. 7 al. 7 et 8 LAMalfedlex.admin.ch
  3. Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 31 Soins dentairesArt. 31 LAMalfedlex.admin.ch
  4. Ordonnance sur l’assurance-maladie (OAMal), art. 103 et 104Art. 93, 103, 104 OAMalfedlex.admin.ch
  5. Ordonnance sur l’assurance-maladie (OAMal), art. 36 Prestations fournies à l’étrangerArt. 36 al. 2 et 4 OAMalfedlex.admin.ch
  6. Loi sur la surveillance de l’assurance-maladie (LSAMal), art. 5Art. 5 let. i LSAMalfedlex.admin.ch
  7. Loi fédérale sur le contrat d’assurance (LCA), art. 2a RévocationArt. 2a LCAfedlex.admin.ch
  8. Loi fédérale sur le contrat d’assurance (LCA), art. 3 Devoir d’informationArt. 3 LCAfedlex.admin.ch
  9. Loi fédérale sur le contrat d’assurance (LCA), art. 4 et 6Art. 4 et 6 LCAfedlex.admin.ch
  10. Loi fédérale sur le contrat d’assurance (LCA), art. 35aArt. 35a al. 1, 2 et 4 LCAfedlex.admin.ch
  11. Loi fédérale sur l’assurance-invalidité (LAI), art. 13Art. 13 LAIfedlex.admin.ch
  12. OFSP : Liste des moyens et appareils (LiMA), chapitre 25 Aides visuellesbag.admin.ch

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